L’annonce a surpris tout le monde hier matin. Par voix de communiqué, Pierre Dion, président et chef de la direction du groupe, annonçait 90 coupures de postes chez TVA, soit 4,5% des effectifs. Peu d’informations ont filtré depuis. Mais une chose est sure, c’est une mauvaise nouvelle de plus qui s’abat sur le milieu des médias québécois.

L’annonce a surpris tout le monde hier matin. Par voix de communiqué, Pierre Dion, président et chef de la direction du groupe, annonçait 90 coupures de postes chez TVA, soit 4,5% des effectifs. Peu d’informations ont filtré depuis. Mais une chose est sure, c’est une mauvaise nouvelle de plus qui s’abat sur le milieu des médias québécois.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Qui? Cette question était sur toutes les bouches hier. Quelles entités? Quels métiers? Quel impact sur les surnuméraires? Car le Groupe TVA, propriété de Québécor Média, c’est bien sûr le Réseau TVA et la chaine d’information en continu LCN, mais c’est aussi la chaine Argent, TVA Sports et TVA publications, soit le plus gros éditeur de magazines au Québec avec des titres comme 7 Jours, Dernière Heure ou Clin d’œil.

Pas de commentaire de la part de la direction, qui se borne à répéter que l’abolition de ces postes est rendue nécessaire par les bouleversements que rencontre le milieu et l’affaissement des revenus publicitaires. On relativise cependant les coupures nettes en précisant que parmi les 90 postes visés, certains seront des départs à la retraite anticipés et d’autres sont déjà vacants. Combien? Information confidentielle, semble-t-il.

Surprise

Même mutisme du côté du Syndicat des employé(e)s de TVA. Selon Sébastien Goulet, conseiller au service de l’information du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), la centrale mère, «le syndicat a été surpris par cette annonce et des discussions ont lieu dans les différentes entités du groupe pour savoir qui sera touché. L'information nous arrive au compte-goutte mais à Montréal, il semblerait qu’il n’y ait pas de journalistes syndiqués touchés. Peut-être en revanche du côté de Québec et Sherbrooke, mais nous n’avons pas de confirmation pour l’instant.»

Quant à Réjean Beaudet, président du Syndicat des employé(e)s de TVA, il était en «congé» hier, après avoir mis fin aux négociations sur le renouvellement de la convention collective vendredi dernier, faute d’ouverture de la direction sur les principaux points d’achoppement, à savoir le régime de retraite et l’assurance collective.

Convergence en région?

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À l’heure actuelle, les craintes se concentrent donc en région. Faut-il redouter des fermetures de bureau? Déjà en 2011, lors du renouvellement des licences par le CRTC, le SCFP s’insurgeait contre le regroupement, sous le même toit, des salles de nouvelles régionales de TVA et des salles de rédaction des hebdomadaires locaux du conglomérat.

Ainsi TVA Sherbrooke et le Journal de Sherbrooke partagent désormais les mêmes locaux. Tout comme en Mauricie, les journalistes de l’Écho de Trois-Rivières sont dans les mêmes bureaux que TVA Trois-Rivières.

Une menace pour la diversité de l’information en région, selon le syndicat. Mais un modèle de convergence vanté par Pierre Dion et qui pourrait bien se généraliser, l’objectif de cette nouvelle rationalisation étant de faire baisser les dépenses de l’entreprise de 5%.

Quid de TVA Sports?

Autre sujet de préoccupation, TVA Sports. Après les Jeux Olympiques de Sotchi et la prochaine Coupe du Monde de soccer au Brésil (en collaboration avec Radio-Canada), la chaine annonçait mardi un nouveau bon coup et s’octroyant les droits de diffusion de la NFL pour quatre ans.

Après deux années d’existence la chaine spécialisée n’a cependant pas atteint l’objectif des deux millions d’abonnés qu’elle s’est fixé. Avec TVA Publications, c’est elle qui plombe les revenus du groupe: pour le premier trimestre 2013, TVA a annoncé une perte de 5,9M$, contre 39,9M$ pour la même période de 2012.

On en saura un peu plus aujourd’hui sur l’impact de ces coupures sur les postes de journalistes. Quoi qu’il en soit, c’est une mauvaise nouvelle de plus pour l’industrie après la mise à pied en avril dernier de 11 des 23 journalistes travaillant dans les hebdos montréalais de TC Média.