Depuis l'agression sexuelle de la journaliste Lara Logan, en février, les langues se délient. Plus d'une cinquantaine de professionnels de l'information ont confié au Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avoir eux aussi été victimes de ce type de violence dans l'exercice de leur fonction au Moyen-Orient, mais aussi en Asie du Sud, en Afrique et dans les Amériques.

Depuis l'agression sexuelle de la journaliste Lara Logan, en février, les langues se délient. Plus d'une cinquantaine de professionnels de l'information ont confié au Comité pour la protection des journalistes (CPJ) avoir eux aussi été victimes de ce type de violence dans l'exercice de leur fonction au Moyen-Orient, mais aussi en Asie du Sud, en Afrique et dans les Amériques.

27 journalistes locaux et 25 journalistes internationaux ont rapporté avoir été abusés sexuellement. Sept ont décrit des viols particulièrement brutaux, les autres ont expliqué avoir subi des agressions diverses allant des attouchements, aux coups en passant par la pénétration avec les mains. La plupart des abus ont eu lieu au cours des cinq dernières années sur des femmes, mais pas uniquement. Quelques hommes ont également rapporté avoir été abusés alors qu'ils étaient en détention ou en captivité, dont le chroniqueur politique pakistanais Umar Cheema du quotidien The News.

Outre les cas d'agression en détention, plusieurs cas ont eu lieu au cours de manifestations violentes, comme celle qui a donné lieu au viol de Lara Logan pendant le Printemps arabe. La journaliste suédoise Jenny Nordberg a subi le même sort au Pakistan en 2007, alors qu'elle couvrait les soulèvements populaires liés au retour de l'ex-Première ministre Benazir Butto.

Certaines agressions sont également des mesures d'intimidations ou de représailles visant explicitement un ou une journaliste. La reporter colombienne Jineth Bedoya a par exemple été enlevée, battue et violée par plusieurs agresseurs en 2000. Cette agression particulièrement violente a été une des premières documentées par le CPJ.

La plupart des journalistes qui ont accepté de se confier, suite à l'agression de Lara Logan, gardaient le silence depuis longtemps. Beaucoup doutaient que leur témoignage mènent à la condamnation de leurs agresseurs, mais craignaient aussi d'être stigmatisés culturellement et professionnellement. «Je n'ai rien dit à mes patrons de peur de perdre des assignations. C'est comme si ça faisait parti du contrat. Je ne voulais pas qu'ils me voient comme une femme journaliste alors que j'essayais d'être aussi bonne, voire meilleure, que les hommes», a expliqué Jenny Nordberg au CPJ.

La journaliste Lauren Wolfe, qui a mené l'enquête pour le CPJ, à PBS (en anglais):

Pour en savoir plus, lire le dossier du Comité pour la protection des journalistes.

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