Châtelaine célèbre cette semaine son cinquantième anniversaire. Pour marquer le coup, la doyenne des publications féminines québécoises lance un numéro commémoratif et un site web, femmedeparole.com, qui présentera des entrevues avec 50 femmes qui ont marqué et marquent encore l'histoire du Québec.

Produite par Les Productions Bazzo Bazzo, cette série de capsules vidéos ne se veut pas une autopromotion pour le magazine. «On a plutôt voulu souligner que Châtelaine a accompagné les femmes du Québec depuis 1960, dans la longue marche du féminisme», a expliqué l'éditrice du magazine, Marie-Josée Desmarais. De son côté, la productrice, Marie-France Bazzo, a pris énormément de plaisir à mener à bien cette série. ProjetJ l'a rencontrée.

Châtelaine célèbre cette semaine son cinquantième anniversaire. Pour marquer le coup, la doyenne des publications féminines québécoises lance un numéro commémoratif et un site web, femmedeparole.com, qui présentera des entrevues avec 50 femmes qui ont marqué et marquent encore l'histoire du Québec.

La couverture du numéro commémoratif est inspirée de celle de septembre 1974

Produite par Les Productions Bazzo Bazzo, cette série de capsules vidéos ne se veut pas une autopromotion pour le magazine. «On a plutôt voulu souligner que Châtelaine a accompagné les femmes du Québec depuis 1960, dans la longue marche du féminisme», a expliqué l'éditrice du magazine, Marie-Josée Desmarais. De son côté, la productrice, Marie-France Bazzo, a pris énormément de plaisir à mener à bien cette série. ProjetJ l'a rencontrée.

Quel regard l'intervieweuse que vous êtes pose-t-elle sur cette expérience de productrice?

Je dois dire que c'est vraiment un cadeau qu'on s'est fait en produisant cette série, car c'est rare qu'on ait l'occasion d'aller aussi loin dans la vie d'une personne que nous l'avons fait avec ces entrevues. J'ai trouvé toutes les femmes que nous avons rencontrées vraiment courageuses de nous répondre et j'enviais Geneviève St-Germain de pouvoir poser ces questions qu'on a rarement l'occasion de poser dans une vie.

Une entrevue est toujours un moment artificiel, comme béni des dieux, mais là c'était vraiment exceptionnel. Cependant, ça ne pouvait pas être moi l'intervieweuse parce que je voulais garder le regard extérieur d'une productrice.

Qu'est-ce qui a dicté le choix de l'intervieweuse?

Même si on ne la voit pas et que les questions étaient décidées d'avance, ça prenait un homme ou une femme ayant un âge qui suppose une certaine culture historique lui permettant de suivre le discours et de rebondir. Par exemple, si on vous parle du Rapport Parent, mais que vous n'êtes pas capable de préciser le discours, vous passez à côté de quelque chose.

Il nous fallait donc quelqu'un capable de relancer subtilement, mais aussi de manifester de l'empathie et de supporter les femmes dans leur témoignage. C'est pourquoi nous avons choisi Geneviève St-Germain.

Pourquoi vous intéressez-vous aux capsules vidéos pour le web?

C'est de plus en plus difficile de faire du documentaire et des émissions de télévision. C'est long entre l'idée et la diffusion. La Liste pour ARTV, par exemple, ça a pris deux ans, même si nous avons travaillé avec un diffuseur fantastique.

En comparaison, les premières idées pour Châtelaine ont été mises sur la table au printemps et on a déjà accouché du résultat. Nous avons un autre projet de capsules à teneur historique que nous développons pour une grosse chaîne généraliste pour lequel, en fin de compte, on aura certainement gagné un an.

Avec les capsules, on est dans la marge, ça nous permet d'échapper aux règles de financement traditionnelles et aux programmations traditionnelles. On saute ainsi beaucoup d'étapes et on travaille beaucoup plus vite. Pour quelqu'un qui est habitué de travailler dans l'immédiateté, comme moi, c'est idéal.

Il y a moins de subventions pour ce type de productions. Est-ce tout de même rentable?

C'est vrai qu'il y a moins de subventions et ça nous oblige à trouver des commanditaires. C'est un tout autre mode de financement qui comporte aussi des difficultés. C'est une autre manière de convaincre, c'est plus direct et c'est très stimulant d'un point de vue entrepreneurial. Pour l'instant, oui, ça se rentabilise bien. Dans le cas de Châtelaine, notre commanditaire principal est L'Oréal Paris et dans le cas du projet historique nous avons aussi des commanditaires très intéressés.

En 50 ans, Châtelaine a vu le métier de journaliste se féminiser. Est-ce que ça a changé les façons de faire?

C'est sûr qu'il y a beaucoup plus de filles. Je me souviens que Pierre Bourgault me disait dans les dernières années où il enseignait à l'université «c'est rendu qu'il y a 10 gars dans ma classe et 40 filles». Aujourd'hui, c'est peut-être 1 pour 49 à peu près.

Les filles préfèrent faire certains types d'émissions et le métier de recherchiste est aujourd'hui très féminin. C'est très difficile de trouver un recherchiste homme ce qui est très dommage parce que les gars apportent une sensibilité différente dans une équipe, un projet ou une émission. Comme producteur il faut être sensible à ça pour ne pas produire des choses portées par des préoccupations de femmes uniquement.

Cependant, personnellement, j'ai beaucoup de misère à voir les choses en tant que femme. D'ailleurs, si j'avais eu à répondre à la question qu'on pose dans la série «Quelles femmes vous ont inspiré?», je n'aurais pas su quoi répondre parce que je n'ai pas de modèle féminin. Je dirais que j'ai davantage une sensibilité de génération, de milieu sociale et de Québécoise.

Mais que l'on soit homme ou femme journaliste, je pense que c'est surtout la nature du métier qui a profondément changé. La manière de faire des émissions n'est plus la même, on va de plus en plus vite, on raconte les histoires de façon de plus en plus subjective et sur plusieurs plateformes en même temps. Ça nous touche tous, hommes comme femmes, et ça touche tout autant le citoyen qui reçoit l'information.

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