Le Conseil de presse du Québec a émis un blâme il y a quelques jours contre le contenu général de la revue Bébé magazine pour avoir diffusé de la publicité déguisée en information. Le tribunal d'honneur de la profession juge que bien qu'elle se présente comme un produit journalistique, la revue est, de A à Z, une vaste circulaire.

Le Conseil de presse du Québec a émis un blâme, il y a quelques jours, contre le contenu général de la revue Bébé magazine pour avoir diffusé de la publicité déguisée en information. Le tribunal d'honneur de la profession juge que bien qu'elle se présente comme un produit journalistique, la revue est, de A à Z, une vaste circulaire.

Le numéro en cause, celui du printemps 2011, présente notamment un «guide survie» pour choisir un service de garde. En section «Psychologie», l’auteure raconte l’histoire d’un enfant autiste qu’elle suit deux fois par semaine depuis quelques mois. Sans expliquer les fondements scientifiques de son jugement, elle associe l’autisme aux changements fréquents de services de garde qu’a vécu l’enfant entre 11 et 18 mois. En page 36, la revue présente un centre sportif offrant des services de garde pour les poupons dès 2 mois. Le texte est présenté comme un reportage journalistique, mais est en fait un publireportage pour le Golds Gym de Rosemère.

«Après examen de l’ensemble de la revue Bébé magazine, le Conseil constate que ce magazine constitue un document à caractère essentiellement promotionnel et commercial, qu’il ne contient aucun texte ayant fait l’objet d’un traitement journalistique (à l’exception peut-être d’un seul des 15 textes publiés) et qu’il présente des publireportages qui ne sont pas clairement identifiés», peut-on lire dans la révision. La revue entretient donc la confusion auprès du public quant à la nature de l'information qu'il reçoit.

Bébé magazine a par ailleurs recours, non pas à des journalistes, mais à des «spécialistes». Les collaboratrices directement visées par la plainte, Brigitte Denis et Cécile Springuel, sont respectivement consultante en périnatalité et instructeur spécialiste de l'éducation consciente. Elles tiennent «des propos qui relèvent de leur opinion personnelle, mais les présentent comme des vérités générales», dénonce la plaignante, Marine Corniou. Or, leurs textes «reposent sur des allégations non scientifiques pouvant perturber et induire en erreur de nombreux lecteurs».

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L’éditeur de Bébé magazine, Frédéric Couture, se porte à la défense de ses collaborateurs en disant qu’«ils ont droit à leur opinion». Selon lui, «ils partagent leur expérience et ce qu’ils voient dans le cadre de leur pratique professionnelle, sans prétendre tout connaître et avoir tout vu, ni qu’il s’agit d’un portrait global d’une situation ou d’une problématique».

Vendu en kiosque pour 4,95$, Bébé magazine est une propriété de l’éditeur indépendant Lexis Médias qui édite également les magazines Hommes, Mieux être et Grossesse magazine. «Notre mandat est de créer des contenus spécialisés qui répondent aux besoins de nos lecteurs et de nos annonceurs», indique l’entreprise sur son site web.