Elle aura sept mois pour se familiariser avec les dossiers sous la supervision du secrétaire général sortant et véritable mémoire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Claude Robillard, qui part à la retraite en avril prochain. De nombreux chantiers l’attendent, et parmi eux, celui de rapprocher la communauté des journalistes anglophones de la fédération lui tient tout particulièrement à cœur.

Elle aura sept mois pour se familiariser avec les dossiers sous la supervision du secrétaire général sortant et véritable mémoire de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Claude Robillard, qui part à la retraite en avril prochain. De nombreux chantiers l’attendent, et parmi eux, celui de rapprocher la communauté des journalistes anglophones de la fédération lui tient tout particulièrement à cœur.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Texte modifié mardi 6 aout à 15h21

Pour prendre à terme la tête du plus grand rassemblement de journalistes au Canada, Caroline Locher a quitté le poste de réalisatrice à CBC Radio One qu’elle occupait depuis l’an dernier après avoir travaillé de nombreuses années en Europe, notamment comme reporter à France 24, chaine française d’information en continu, et surtout comme journaliste et réalisatrice au BBC World Service.

«Je situe mon arrivée à la FPJQ dans la lignée de ce que j’ai fait jusqu’ici, raconte celle qui entrera en poste en tant que secrétaire générale adjointe le 3 septembre prochain. Le BBC World Service est diffusé en 32 langues et rejoint des populations de pays qui n’ont pas de liberté de presse. J’ai toujours œuvré dans le service public pour l’intérêt public. J’ai conscience du risque que représente le manque d’accès à l’information. C’est un défi naturel de me mettre aujourd’hui au service du journalisme.»

Aller chercher les anglophones

L’un des premiers dossiers que Caroline Locher aura à traiter sera bien évidemment l’organisation du prochain congrès et l’élection d’un nouveau président. Un congrès que la future secrétaire générale veut rassembleur.

«Nous avons besoin de cette plateforme de débat pour faire avancer le journalisme dans la bonne voie, assure-t-elle. C’est un endroit où tous les profils de journalistes se croisent: permanents, surnuméraires, pigistes, employés du public, du privé, de l’audiovisuel, de la presse écrite, du numérique, francophones, anglophones, etc. C’est une formidable opportunité qui nous est donnée de réfléchir à notre avenir.»

Parfaitement bilingue, diplômée de Concordia et de Mc Gill, Caroline Locher affirme qu’il y a cependant encore beaucoup de travail à faire pour toucher les journalistes anglophones, qui connaissent trop peu la FPJQ. Un dossier que celle qui a travaillé durant de nombreuses années en langue anglaise compte bien prendre à bras le corps dès son arrivée en poste.

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Accès à l’information

Mais la future secrétaire générale poursuivra également les combats menés de longue date par la FPJQ en faveur de la liberté de la presse et de l’accès à l’information.

«Quel que soit le palier de gouvernement, il y a de gros progrès à faire en matière de transparence, estime-t-elle. Au niveau fédéral, il est inacceptable et illégal même, que l’auteur de la Bataille de Londres soit parvenu à obtenir des informations via la loi sur l’accès à l’information en vigueur en Angleterre et non ici.»

«Au niveau provincial, poursuit-elle, rappelons que l’Association canadienne des journaux nous a attribué en 2011 la note F, concernant les demandes d’accès à l’information, nous classant dernière de toutes les provinces canadiennes. Quant au municipal, je reste persuadée que s’il y avait plus de transparence concernant l’octroi des contrats publics, nous n’en serions pas à un tel  niveau de corruption et de collusion. Tout cela est de l’information à caractère public, la cacher aux journalistes, c’est une menace pour la démocratie.»

Phase de transition

Caroline Locher aura ainsi la lourde tâche de succéder à Claude Robillard, institution vivante de la FPJQ après 25 ans de bons et loyaux services.

Par voie de communiqué, la fédération avoue que «le conseil d’administration a accueilli avec tristesse et résignation son départ, pleinement compréhensible après tant d’années au service des membres de la FPJQ et de tous les journalistes au Québec. La Fédération entre dans l’une des phases de transition les plus importantes de son histoire.»

Transition importante puisque le mandat de son président, Brian Myles, prend fin en novembre prochain et qu’un des trois postes permanents devra lui aussi être remplacé.

«Notons également que les membres du conseil d’administration sont renouvelés tous les deux ans, explique Caroline Locher. Dans ce contexte, je suis déterminée à représenter la stabilité et je m’engage au moins sur un plan quinquennal. Notre métier vit de gros bouleversements, il y aura de gros dossiers à défendre. Les journalistes doivent pouvoir sentir que la FPJQ est un lieu qui est là pour les servir à long terme.»