Par Arik Ligeti

Plus de journalistes travaillent désormais à la salle de rédaction web de CBC à Hamilton qu'à celle de la radio à Thunder Bay. Le service du sud de l'Ontario est la première expérience du genre du réseau public: un site web qui n'est appuyé ni sur un service radio ni sur un service télévisuel. Si l'expérience est concluante, elle pourrait être reproduite ailleurs au pays.

Par Arik Ligeti – paru sur J-Source, traduit par Anne-Caroline Desplanques

Plus de journalistes travaillent désormais à la salle de rédaction web de CBC à Hamilton qu'à celle de la radio à Thunder Bay. Le service du sud de l'Ontario est la première expérience du genre du réseau public: un site web qui n'est appuyé ni sur un service radio ni sur un service télévisuel. Si l'expérience est concluante, elle pourrait être reproduite ailleurs au pays.

L'annonce de CBC Hamilton:

Le site de Hamilton permettra de tester l'intérêt des annonceurs locaux et un design qui s'adapte aux différents écrans de consommation de l'information que ce soit celui de l'ordinateur, des téléphones intelligents ou des tablettes.

Pour mener à bien l'expérience, CBC a embauché cinq journalistes, dont Roger Gillespie, un ancien cadre du journal local, le Hamilton Spectator. En comparaison, la radio de CBC à Thunder Bay emploie quatre reporters. Les artisans de Hamilton produiront des contenus multimédias destinés à être diffusés sur le site, mais aussi sur d'autres plateformes du réseau en fonction de l'intérêt des sujets.

Hamilton était dans la mire de CBC depuis un moment. Mais, en l'absence de fréquence FM disponible, le réseau était coincé. Le plan stratégique quinquennal 2015 Partout, pour tous, dévoilé en 2011, a changé la donne en promettant d'étendre les services régionaux dans des marchés sous-exploités, y compris en ayant recours au web.

«Hamilton est une grande ville et CBC n'y est pas présente localement, d'où notre impulsion, explique la rédactrice en chef de la chaîne, Jennifer McGuire. Quand nous observons le pays globalement, nous réalisons qu'il y a des endroits où nous devons être plus présents, mais où historiquement nous ne l'avons jamais été.»

Compte tenu du dynamisme de la communauté locale de blogueurs, le site de Hamilton mettra l'emphase sur l'agrégation – une première pour CBC. Sans révéler tous les détails du projet, Mme McGuire explique que l'équipe prévoit collaborer avec les blogueurs de la région, faire une couverture en direct du trafic et lister les évènements locaux.

En devenant un pôle d'attraction qui redirige le trafic vers des sources externes, CBC bâtira une loyauté envers sa marque auprès des internautes, estime Karen Unland, consultante et professeure de journaliste à l'Uiversité Grant MacEwan d'Edmonton.

Pour elle, le blogue de CBC Hamilton est un bon moyen de commencer à s'installer dans les habitudes des consommateurs. Néanmoins, le chemin ne sera pas évident, car le réseau public entre sur un terrain hautement compétitif. D'autres s'y sont d'ailleurs déjà cassés les dents, dont OpenFile qui a cessé d'opérer à Hamilton en novembre.

«Les gens me demandent toujours si c'est parce que personne n'était intéressé par une source d'information alternative, mais je ne pense pas que ce soit ça du tout, explique l'ancienne responsable de OpenFile Hamilton, Sheryl Nadler. Je pense qu'il y a définitivement de la place pour de nouvelles sources d'information à Hamilton, mais que les nouveaux joueurs ne doivent pas s'attendre à ce que la partie soit facile.»

Brian McHattie de la Ville de Hamilton est emballé par l'idée que sa ville serve de marché test. Lui qui réclame la présence de CBC depuis 2004 estime que le service web du réseau public est un excellent complément dans un marché médiatique dominé en presse écrite par le Hamilton Spectator, et en radio par CHCH et CHML.

 

Arik Ligeti est étudiant à l'Université Carleton et cofondateur de CanCulture, un magazine culturel en ligne.

 

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