Les locaux de Charlie Hebdo ont été incendiés dans la nuit de mardi à mercredi. Provoqué par un cocktail Molotov, l'incendie n'a pas fait de blessé, mais a détruit la rédaction du journal qui a été relogée temporairement dans les locaux du quotidien Libération. Pour souligner l'instauration de la charia en Libye et la victoire du parti islamiste Ennahda en Tunisie, l'hebdomadaire satirique français préparait un numéro intitulé «Charia Hebdo», sous la rédaction en chef fictive de Mahomet, et promettait «100 coups de fouet si vous n'êtes pas morts de rire».

Les locaux de Charlie Hebdo ont été incendiés dans la nuit de mardi à mercredi. Provoqué par un cocktail Molotov, l'incendie n'a pas fait de blessé, mais a détruit la rédaction du journal qui a été relogée temporairement dans les locaux du quotidien Libération. Pour souligner l'instauration de la charia en Libye et la victoire du parti islamiste Ennahda en Tunisie, l'hebdomadaire satirique français préparait un numéro intitulé «Charia Hebdo», sous la rédaction en chef fictive de Mahomet, et promettait «100 coups de fouet si vous n'êtes pas morts de rire».

Une enquête est en cours, mais les groupes intégristes musulmans sont d'ores et déjà au banc des accusés. «Je ne vois pas d'autres hypothèses (…). C'est un acte de malveillance ciblée. Charlie Hebdo est dans le collimateur de certains fanatiques islamistes depuis l'affaire des caricatures», explique la directrice adjointe de la rédaction, Sylvie Coma, au Monde. En 2006, Charlie Hebdo avait en effet publié la série de caricatures de Mahomet du journal danois Jyllans-Posten. Des dessins qui avaient provoqué l'indignation de communautés musulmanes à travers le monde. Mais «il n'est pas question de laisser le terrain aux islamistes donc on continuera, il en va de la survie de Charlie», a déclaré ce matin à Reuters le directeur de l'hebdomadaire, Stéphane Charbonnier.

Le ministre de l'intérieur français, Claude Guéant, a qualifié l'événement d'attentat. «Tout sera fait pour retrouver les auteurs de cet attentat parce qu'il faut bien appeler ça un attentat, et si certains croient pouvoir imposer une façon de voir dans la République française (…) eh bien ils se trompent (…) les Français n'accepteront pas cet impérialisme» a-t-il déclaré. Se portant à la défense de la liberté de presse, la classe politique française s'est rangée derrière le journal. «La liberté d'expression est une valeur inaliénable de notre démocratie et toute atteinte à la liberté de la presse doit être condamnée avec la plus grande fermeté», a déclaré le Premier ministre François Fillon par voie de communiqué.

«la liberté d’expression a des limites»

De son côté, le Conseil français du culte musulman condamne l'attaque. Néanmoins, il «déplore vivement le ton très caricatural du journal à l'égard de l'islam et de son prophète». «Nous condamnons cet acte d'incendie, mais nous condamnons aussi l'acte de Charlie Hebdo. Nous condamnons la publication de ces caricatures, l’humour a des limites, la liberté d’expression a des limites», a complété le président du Conseil régional du culte musulman d'Ile de France, Hassan Moussaoui. La Déclaration sur les droits de l'homme en islam stipule en effet que «Tout homme a le droit d'exprimer librement son opinion pourvu qu'elle ne soit pas en contradiction avec les principes de la Charria».

Allant dans le même sens la Déclaration universelle des droits de la personne par les religieux du monde, prévoit que «Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d'enseignement». Ces deux documents n'ont pas actuellement force de loi en occident. Cependant, en juillet, la Secrétaire d'État américaine Hilary Clinton a rencontré l’Organisation de coopération islamique à Istanbul, afin que l'article 12.4 sur la diffamation des religions devienne une loi effective dans les pays signataires de la Déclaration des droits de l’Homme. Ils ont également fait l'objet d'une discussion à Montréal en septembre, dans le cadre de la Deuxième conférence mondiale sur les religions du monde après le 11 septembre 2001.

Commentant cette conférence internationale, le chroniqueur Richard Martineau du Journal de Montréal s'est inquiété de la progression de ces idées en occident. «On est en train de s’en faire passer une p’tite vite, les amis… Bientôt, on ne pourra plus RIEN dire contre les religions», écrivait-il. «Dans beaucoup de milieux, la liberté d'expression passe bien après les autres droits. Lorsqu'on voit de quelle façon est comprise la notion de dénigrement chez certains, il y a de quoi s'inquiéter», écrivait lui aussi le professeur Pierre Trudel, du Centre de recherche en droit public de la Faculté de droit de l'Université de Montréal.

 

Voir aussi:

Liberté de presse et liberté de religion

 

 

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