ProjetJ, en collaboration avec le Trente, vous présente quelques compte-rendus des ateliers présentés au congrès 2012 de la FPJQ.

Une compression budgétaire n'attend pas l'autre à  Radio-Canada. À la toute veille des audiences du CRTC sur l'avenir du diffuseur public et dans le silence tonitruant du public, faut-il s'inquiéter du sort qui attend l'information publique?

ProjetJ, en collaboration avec le Trente, vous présente quelques compte-rendus des ateliers présentés au congrès 2012 de la FPJQ.

Une compression budgétaire n'attend pas l'autre à  Radio-Canada. À la toute veille des audiences du CRTC sur l'avenir du diffuseur public et dans le silence tonitruant du public, faut-il s'inquiéter du sort qui attend l'information publique?

Invités : 

Michel Arpin, ancien vice-président du CRTC (2005-2010)
Michel Cormier, directeur général de l'information, Radio-Canada
Animation: Nathalie Collard, journaliste, La Presse

Par Stéphanie Fillion, étudiante en journalisme à l'université McGillr

Publié originellement dans l'infolettre du Trente

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Multiplateforme et transformation étaient à l’honneur lors de la conférence : «Radio-Canada est-il en train de s’éteindre à petit feu dans l’indifférence générale ?» animée par Nathalie Collard de La Presse, et analysée par Michel Arpin, ancien vice-président du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) ainsi que Michel Cormier, directeur de l’information du télédiffuseur public.

Alors que le CRTC étudie le mandat et le financement de Radio-Canada, l’ancien vice-président du Conseil ne pense pas que le média est porté à disparaître : «Radio-Canada va résister au temps. Les contribuables ne sont pas prêts à investir davantage dans la radiodiffusion publique qu’ils le font présentement mais ne sont pas prêts à le voir disparaître», explique Michel Arpin. Il soutient que l’avenir du média réside en une adaptation de ses services, entre autres en une synergie avec son équivalent anglais et qu’il faudra trouver d’autres sources de revenus que celle de la publicité pour subsister.

Pour Michel Cormier, le plus gros défi du réseau est l’adaptation à la présentation multiplateforme et à la diversification de l’offre d’information. Pour ce faire, le rendez-vous de soirée vise à aller plus loin dans les nouvelles: «c’est le moment pour approfondir les sujets, c’est ce qu’on sent que les gens réclament», explique t-il. Le directeur de l’information souhaite également trouver un moyen de rivaliser avec le journalisme d’opinion qui se fait de plus en plus omniprésent sur les chaînes compétitrices.

La rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau, a critiqué les choix éditoriaux de Radio-Canada. «Dans ses rendez-vous quotidiens, mon problème, c’est que je ne sais pas à qui Radio-Canada parle. J’ai l’impression que Radio-Canada se cherche», a-t-elle affirmé.

La question du mandat a aussi été effleurée, en lien avec les cotes d’écoute. Michel Arpin s’est fait clair à ce sujet : «S’il n’y a pas d’écoute, pourquoi les contribuables devraient-ils continuer à payer ?», a t-il répliqué.

Alors que les réductions budgétaires affectent l’organisation de Radio-Canada, le défi financier du média est accru à cause de son équivalent anglais, qui a des parts de marché plus faible. La chaîne française doit ainsi absorber les déficits de la CBC.