L’avènement au pouvoir d’Alassane
Ouattara en Côte d’Ivoire favorisera-t-il la liberté de presse? La
semaine dernière, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Ally
Coulibaly, déclarait que «le président Ouattara tient à ce que
chaque journaliste puisse faire son travail sans être inquiété». Ces propos sont pourtant loin de la réalité sur le terrain. Depuis
plusieurs jours, une liste noire de journalistes à abattre circule à
Abidjan.

L’avènement au pouvoir d’Alassane
Ouattara en Côte d’Ivoire favorisera-t-il la liberté de presse? La
semaine dernière, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Ally
Coulibaly, déclarait que «le président Ouattara tient à ce que
chaque journaliste puisse faire son travail sans être inquiété». Ces propos sont pourtant loin de la réalité sur le terrain. Depuis
plusieurs jours, une liste noire de journalistes à abattre circule à
Abidjan.

Plusieurs
des journalistes dont les noms figurent sur cette liste ont reçu ce
message par courriel vendredi: «Vous les journalistes de Gbagbo, là,
vous aller voir. On va vous poursuivre jusqu’à votre dernier
retranchement et vous corriger un à un. Votre protecteur n’est plus
là, c’est ADO (Alassane Dramane Ouattara) qui est là maintenant,
donc vous aller payer toutes vos injures. Il n’y aura plus de liberté
de presse ici en Côte d’Ivoire. On va tous vous tuer vous les
asticots de Gbagbo. À
bon entendeur salut. On vous aura tous.»

En parallèle, la semaine dernière,
les bureaux du quotidien Fraternité Matin à Abidjan ont été
attaqués et pillés par des hommes en armes. Les locaux du journal
Notre Voie et du groupe de presse Cyclone, qui publie
le quotidien Le Temps et les hebdomadaires Star Mag et
Le Temps Hebdo, ont eux aussi été saccagés par des groupes
lourdement. Le personnel de l’Agence Ivoirienne de Presse a, pour sa
part, assisté impuissant à la réquisition de ses équipements par
des hommes en tenue militaire.

Le gouvernement Ouattara a par ailleurs
annoncé son intention de poursuivre certains journalistes en justice
«pour leur rôle dans la propagande en faveur de l’ancien
pouvoir». Une annonce qui inquiète Reporters sans frontières.

«S’il est effectivement nécessaire
de sanctionner des personnes qui ont pu, à la RTI notamment,
être coupables d’appels à la haine, il serait dangereux de
procéder à une purge ayant toutes les apparences de la vengeance.
Les nouvelles autorités doivent éviter de reproduire les travers
observés dans le passé consistant à opprimer la presse
d’opposition et à tolérer les écarts de la presse qui leur est
favorable», a déclaré le secrétaire général de l’organisation,
Jean-François Julliard.

Les journalistes indépendants sont
rares en Côte d’Ivoire. La presse locale est profondément divisée
selon des allégeances partisanes et verse volontiers dans le
discours haineux envers le camp opposé. Depuis le début de la crise
ivoirienne, qui a débuté en novembre 2010 suite aux élections
présidentielles, les artisans des médias sont directement pris pour
cible par les partisans des deux camps.

Une quarantaine de journalistes des
quotidiens pro-Ouattara ont fui Abidjan depuis le début du mois de
mars. Avec le concours des forces onusiennes, certains ont trouvé
refuge à Bouaké, dans le Nord du pays où s’entassent des milliers
de déplacés, d’autres ont préféré se réfugier dans les pays
limitrophes.

Voir aussi:

GAK: le franco-canadien qui dérangeait en Côte d’Ivoire

Journalistes ivoiriens: la départ de Gbagbo ne règlera rien

Côte d’Ivoire: journalistes évacués d’Abidjan

Les journalistes ivoiriens veulent être évacués

Côte d’Ivoire: les journalistes étrangers dans la mire

Côte d’Ivoire: la situation des journalistes est gravissime

Côte d’Ivoire: les médias choisissent leur camp

[node:ad]