Le
président sortant de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a accusé
mardi les journalistes occidentaux de «diffuser
volontairement des informations erronées». Il estime que les médias
étrangers «diffusent en
boucle des informations sur des charniers inexistants, des attaques
imaginaires et des prétendus génocides »
et «adoptent en revanche un mutisme injustifié lorsque des crimes
d’une atrocité révoltante sont commis par les rebelles».

Le
président sortant de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a accusé
mardi les journalistes occidentaux de «diffuser
volontairement des informations erronées». Il estime que les médias
étrangers «diffusent en
boucle des informations sur des charniers inexistants, des attaques
imaginaires et des prétendus génocides»
et «adoptent en revanche un mutisme injustifié lorsque des crimes
d’une atrocité révoltante sont commis par les rebelles».

Dans
un communiqué lu à l’antenne de la radio-télévision nationale,
RTI, le porte-parole de Laurent Gbagbo demande aux journalistes
étrangers de
«prendre
les précautions élémentaires pour vérifier la matérialité des
faits avant de les diffuser et à faire preuve de professionnalisme,
c’est-à-dire d’objectivité et d’impartialité, pour ne point
se rendre complices des terroristes, comme le sont déjà les forces
onusiennes et les forces (françaises) Licorne, au risque de devoir
les considérer désormais comme le prolongement médiatique du
terrorisme ambiant».

Selon
l’ONU, la crise politique qui secoue la Côte d’Ivoire depuis les
élections présidentielles de novembre 2010 a fait près de 440
morts autant dans le camp du président sortant, Laurent Gbagbo, que
dans celui de son rival, Alassane Ouattara.

Camp de la mission catholique de l’église Célestine à Duekoue dans l’ouest du pays. Ces gens ont été chassés de chez eux par des pro-Ouattara. Photo: Mike Fleshman.

Le
Comité pour la Protection des journalistes (CPJ) dénombre quant à
lui deux morts au sein des effectifs journalistiques proches du camp
Gbagbo. Selon le porte-parole de l’organisme, Mohamed Keita, aucun
des deux camps n’a le monopole des exactions contre les médias. «La
presse est divisée selon des allégeances partisanes, les
journalistes sont donc victimes d’attaques, d’agressions, de
tentatives d’enlèvements et de menaces de la part du camp opposé au leur»,
a-t-il expliqué à ONUCI FM.

La
presse étrangère est cependant particulièrement visée par le clan Gbagbo. Depuis que la communauté internationale s’est rangée
derrière la Commission électorale indépendante qui a proclamé
Alassane Ouattara vainqueur, son rival accuse les médias étrangers,
en particulier les Français, de vouloir déstabiliser le pays.

Pour les partisans de Laurent Gbagbo,
les journalistes occidentaux relaient «la désinformation et
l’intoxication orchestrées par les rebelles et leurs alliés,
l’Onuci (Organisation des Nations Unis en Côte d’Ivoire) et Licorne
(forces françaises de maintien de la Paix)». Le journal Notre
Voie

accuse même les Européens d’avoir participé à l’extermination des
Tutsis au Rwanda et de préparer une opération similaire en Côte
d’Ivoire.

Face
à cette escalade de haine, la Communauté économique des États
d’Afrique de l’Ouest demande au Conseil de sécurité des Nations
unies de renforcer le mandat des Casques bleus sur
place pour leur permettre «d’utiliser tous les moyens nécessaires
pour protéger la population et les biens» et «faciliter le
transfert immédiat du pouvoir à M. Alassane Ouattara». Pour sa
part, le CPJ
se prépare à assurer l’évacuation de journalistes en danger et
forcés de quitter le pays.

Voir aussi:

Côte d’Ivoire: la situation des journalistes est “gravissime”

Côte d’Ivoire: les médias choisissent leur camp

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