Le Conseil de presse du Québec (CPQ) participera ce week-end au congrès annuel de l'Association Hebdos Québec afin de sensibiliser les éditeurs de la presse régionale à la déontologie et à l'éthique journalistique. Le secrétaire général du conseil, Guy Amyot, y donnera la première d'une série de formations qu'il offrira dans les salles de rédactions des hebdomadaires dans les prochains mois. 

Le Conseil de presse du Québec (CPQ) participera ce week-end au congrès annuel de l'Association Hebdos Québec afin de sensibiliser les éditeurs de la presse régionale à la déontologie et à l'éthique journalistique. Le secrétaire général du conseil, Guy Amyot, y donnera la première d'une série de formations qu'il offrira dans les salles de rédactions des hebdomadaires dans les prochains mois.

Si on est loin du monde de la politique municipale, qui se débat dans les allégations de corruption depuis l'éclatement de scandales liés au monde de la construction et à l'octroi de contrats, l'univers des médias régionaux a néanmoins besoin lui aussi de se voir rappeler les bases déontologiques et éthiques, estime Guy Amyot. «On serait surpris de constater l'étendue des connaissances», confie-t-il en expliquant que bien des journalistes et éditeurs sont loin de maîtriser les principes minimaux.

Pourtant, «un éditeur ou un journaliste doit prendre des décisions déontologiques et éthiques presque quotidiennement», insiste-t-il. Samedi, il tentera donc d'expliquer comment la déontologie et l'éthique peuvent aider la direction des hebdomadaires et les directeurs d'information à faire leur choix et à résoudre les dilemmes qu'ils rencontrent.

En s'appuyant sur des exemples concrets, il abordera des questions comme la responsabilité d'un journal à l'égard des propos diffamatoires publiés dans la section «opinion des lecteurs», l'équité entre les candidats en période de campagne électorale, ou encore l'indépendance journalistique face aux pressions commerciales et politiques.

Loin d'être exceptionnelles, ces pressions sont érigées en système dans beaucoup trop de régions, selon Dossier noir de l'information municipale préparé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Dans bien des municipalités, on attend des journalistes qu'ils soient «des meneurs de claque chargés de faire valoir le point de vue du roitelet en place», déplorait le président de la FPJQ, Brian Myles, au moment de dévoilé ce rapport en novembre dernier.

Cette enquête a révélé que les journalistes affectés aux affaires municipales font face à une recrudescence des problèmes depuis l'automne 2009, qu'il s'agisse de barrières à l'accès aux documents publics ou de mesures d'intimidation verbale, économique et même physique. Au plan économique, plusieurs municipalités profitent par exemple du jeu de la concurrence entre les publications pour menacer celles dont elles désapprouvent le travail de les priver des avis publics, une source de revenus considérable.

Malgré tout, rien n'indique que la presse hebdomadaire régionale, qui est en pleine croissance, soit moins respectueuse des règles éthiques et déontologiques que les autres médias, selon Guy Amyot. Ses artisans travaillent cependant le plus souvent en équipes restreintes et manquent de ressources. Un phénomène auquel Hebdos Québec souhaite pallier grâce aux formations du CPQ. Mais, le secrétaire général du conseil souhaite en faire davantage. Il réfléchit notamment à la recommandation 32 du Rapport Payette qui stipule que son organisme «ait le mandat de créer et promouvoir une ligne 1-800-déontologie pour les journalistes et les entreprises de presse».

 

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