Par Geneviève Gagné

Le
chanteur Michel Martelly a prêté serment ce matin à
Port-au-Prince, en Haïti, devenant le 56e président d’un pays
ravagé par un puissant séisme il y a 16 mois. Il aura à répondre
aux besoins des victimes, besoins toujours criants comme l’ont
constaté les documentaristes, Giordano Cossu et Benoît Cassegrain
dans leur webdocumentaire Goudou-Goudou
– les voix ignorées de la reconstruction.


Par Geneviève Gagné

Le
chanteur Michel Martelly a prêté serment ce matin à
Port-au-Prince, en Haïti, devenant le 56e président d’un pays
ravagé par un puissant séisme il y a 16 mois. Il aura à répondre
aux besoins des victimes, besoins toujours criants comme l’ont
constaté les documentaristes, Giordano Cossu et Benoît Cassegrain
dans leur webdocumentaire Goudou-Goudou
– les voix ignorées de la reconstruction.


Après
une phase de surmédiatisation, «la catastrophe a été oubliée et
a amené à penser que, puisque l’on n’en parle pas, les
problèmes sont résolus», explique Giordano Cossu. Pour lui, Haïti
a été victime d’une fatigue du public de par sa surmédiatisation.
Il a voulu renverser le processus avec Goudou-Goudou.

«Haïti
est devenu un grand atelier de l’intervention humanitaire où tout
le monde avait la meilleure solution pour reconstruire le pays. Aujourd’hui,
les Haïtiens se sentent expropriés de leur propre pouvoir
décisionnel», explique Giordano Cossu. En suivant des journalistes
locaux, ils ont pu «explorer les réels besoins de la population
loin de la communication des ONG présentes sur le terrain».

Ce
documentariste italien et son collègue Français, Benoît Cassegrain
retourneront sur place cet été pour rendre compte d’une «autre
Haïti» et faire en sorte que les projecteurs ne s’éteignent pas
sur ce pays souvent qualifié de maudit par les Dieux.

Les
surmédiatisés

Lorsque
le désastre est survenu, en janvier 2010, les grands médias de la
planète y ont dépêché d’importantes équipes. Le public a ainsi
suivi les reportages sensationnalistes et rocambolesques d’Anderson
Cooper de la chaîne américaine CNN, le voyant même secourir un
jeune garçon blessé et couvert de sang.

Dans
ce tourbillon étourdissant de nouvelles, il arrive rarement que l’on
fasse une remise en contexte pour bien comprendre les enjeux de la
tragédie. Ce que déplore Paola Zanuttini, journaliste au journal La
Repubblica

et paneliste au Festival International du Journalisme en Italie: «Il
est criminel d’aller couvrir un événement sans parler de ce qui
s’est passé avant.»

Elle-même
affecté à la couverture du séisme, elle a choisi de rapporter les
effets du post tremblement de terre à partir de la République
Dominicaine en allant à Santo Domingo pour briser l’ignorance
parce que «plusieurs Italiens et collègues ne savent pas que les
deux nations se situent sur la même île».

et
les oubliés

À
l’inverse d’Haïti, certains grands désastres souffrent de la
timidité des médias, comme l’ont souligné les panelistes présents
au Festival International du Journalisme. C’est le cas des
inondations au Pakistan survenues tout juste sept mois après le
séisme haïtien.

Selon
Sergio Cecchini, directeur des communications de Médecins sans
frontières en Italie, le Pakistan a souffert de la «fatigue des
médias qui revenaient tout juste d’Haïti, mais aussi de sa
mauvaise réputation au niveau international comme ses affiliations à
Al Qaïda et aux Talibans.»

Voir aussi: Haïti – les médias ont oublié la reconstruction

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