Sun Media annonce le lancement de quatre nouveaux hebdomadaires dans le sud de l'Ontario, à Ottawa, Guelph, Kitchner-Waterloo et Windsor. Dès la fin mars, le Ottawa Capital City News, le K-W Review, le Windsor This Week et le Guelph Review desserviront plus de 400 000 foyers, selon l'évaluation de la filiale de Quebecor.

Voir aussi: Quebecor lance un nouvel hebdo en Montérégie et Hebdos: aperçu de la stratégie de Quebecor

Sun Media annonce le lancement de quatre nouveaux hebdomadaires dans le sud de l'Ontario, à Ottawa, Guelph, Kitchner-Waterloo et Windsor. Dès la fin mars, le Ottawa Capital City News, le K-W Review, le Windsor This Week et le Guelph Review desserviront plus de 400 000 foyers, selon l'évaluation de la filiale de Quebecor.

Propriétaire de 42 journaux quotidiens au Canada et de près de 200 journaux régionaux, guides d'achat et autres publications spécialisées, «Sun Media deviendra ainsi la seule source de nouvelles imprimées hebdomadaires rejoignant le centre-ville de Windsor et les régions avoisinantes», déclare la société par voie de communiqué. Elle ajoute que les lecteurs «auront droit à ce qui se fait de mieux en matière d'actualité régionale, de sports, de couverture d'événements locaux et bien plus encore».

L'information n'est néanmoins pas au cœur du communiqué de Sun Media qui insiste surtout sur l'attrait économique de la région. Elle souligne que ce lancement répond aux besoins de ses partenaires publicitaires «en leur donnant accès à un réseau de distribution d'encarts élargi dans d'importants marchés ontariens» et ajoute que les lecteurs pourront «interagir avec les annonceurs».

En novembre, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Brian Myles, déclarait à l'émission Enquête, à Radio-Canada, que Quebecor voit avant tout l’information «comme une marchandise» et non comme un service à la communauté. Cette accusation est reprise par les éditeurs indépendants d'hebdomadaires locaux québécois qui estiment que les salves de Quebecor sur le marché de l'information locale ne renforcent pas la qualité de l'information, mais l'appauvrissent, car elles étouffent la concurrence.

Ils accusent le conglomérat de mener une guerre des prix déloyale pour accaparer le marché publicitaire. «La pub se vend 200 ou 300 dollars la page couleur alors que, quand on est arrivé à Baie-Comeau, c'était 1100 dollars en couleur et 900 dollars en noir et blanc», déclarait l'éditeur des Éditions Nordiques, Paul Brisson, à ProjetJ en octobre.

Le rival de Quebecor sur le marché de l'information locale, Transcontinental, a d'ailleurs déclaré hier une perte nette de 33,3 millions de dollars au premier trimestre. Au coeur d'un important litige avec les autorités fiscales, le groupe a été contraint d'inscrire une provision de 58 millions de dollars ce qui a plombé ses résultats trimestriels.

De plus, face à la concurrence de Quebecor qui fait chuter les tarifs publicitaires et au recul du marché publicitaire dans le secteur des magazines, le bénéfice d'exploitation de Transcontinental dans le secteur des médias a chuté de moitié au premier trimestre, se chiffrant à 6,3 millions de dollars. Pour redresser la barre, la société prévoit réduire ses coûts de 10 millions de dollars dans le secteur des médias, d'ici la fin octobre, ce qui pourrait se traduire en mises à pied.

Mais Quebecor se défend d'user de pratiques déloyales et de considérer l'information comme une marchandise. Dans une lettre adressée à sa vis-à-vis à Radio-Canada après la diffusion en novembre du reportage d'Enquête portant sur son entreprise, le vice-président des Affaires juridiques de Quebecor Media, Me Marc Tremblay, déclare qu'il s'agit d'accusations gratuites et non démontrées.

Il souligne que le patron de Quebecor, Pierre-Karl Péladeau, a fait plusieurs déclarations sur l’importance et la valeur de l’information en démocratie. En octobre, devant le Comité permanent de l'accès à l'information à Ottawa, il a par exemple cité le juge Cory de la Cour suprême qui déclarait en 1989 qu’il «ne peut y avoir de démocratie sans la liberté d'exprimer de nouvelles idées et des opinions sur le fonctionnement des institutions publiques».

 

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