Le Huffington Post Québec est porté à bout de bras par une équipe «lilliputienne», comme l'écrit le journaliste Guillaume Lavallée de l'AFP. Elle se résume à quatre permanents et trois contractuels collés à leurs écrans d'ordinateurs dans une micro salle de rédaction située au 24e étage du 1000 rue de la Gauchetière à Montréal. ProjetJ est allé les rencontrer caméra à l'épaule.

Le Huffington Post Québec (HPQ) est porté à bout de bras par une équipe «lilliputienne», comme l'écrit le journaliste Guillaume Lavallée de l'AFP. Elle se résume à quatre permanents et trois contractuels collés à leurs écrans d'ordinateurs dans une micro salle de rédaction située au 24e étage du 1000 rue de la Gauchetière à Montréal. ProjetJ est allé les rencontrer caméra à l'épaule.

Le chef des nouvelles, l'ancien journaliste de Radio-Canada, Jean-Philippe Cipriani, nous a accueilli dans son nouvel espace de travail qu'il nous a fait visiter… en pivotant sur lui-même. Vidéo de notre collaborateur Jean-Hugues Roy:

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Pour d'autres vidéos au sujet du HPQ consultez Huffington Post Québec: un nouveau joueur est né

Pour se démarquer, l'équipe du HPQ misera sur les réseaux sociaux et les textes d'opinion. La responsable des blogues, Tamy Emma Pepin, une des Québécoises les plus suivies sur Twitter, mettra à profit son vaste réseau pour attirer des visiteurs sur le site. Comme aux États-Unis, au Canada anglais, en Grande-Bretagne et en France, le site fait une place très importante à l'opinion. Sur ce front, les blogueurs sont en première ligne, mais le site achètera également des chroniques, dont une consacrée aux médias et signée par l'ex-rédactrice en chef d'Infopresse, Marie-Claude Ducas.

Du côté information, outre l'équipe en poste, des articles produits par des journalistes indépendants et des dépêches d'agences de presse alimentent la machine. Le rédacteur en chef et éditeur Patrick White promet de garder un œil à l'extérieur de Montréal en faisant appel à des pigistes en région, y compris pour couvrir le développement du Nord québécois. Avec ses nombreux satellites, le HuffPost verse également dans la convergence faisant circuler ses contenus d'un pays à l'autre. AOL développe d'ailleurs un vaste service de traduction pour faciliter cette pratique.

Le buffet

Outre le Canada, le HuffPost est présent en Grande-Bretagne et en France et se prépare à ouvrir un bureau en Italie, en collaboration avec l'Espresso, et un autre en Espagne avec El País. L'Allemagne, le Japon, le Brésil et la Grèce font aussi partie des plans. La grande patronne, Arianna Huffington, s'est par ailleurs rendue au Qatar le mois dernier pour entamer des pourparlers avec Al-Jazira. Elle souhaite s'associer à la chaîne qatarie dans le cadre du développement de sa propre chaîne de télévision en ligne qui doit être lancée dans les prochains mois.

Tous ces bureaux, Montréal y compris, produisent également une masse importante de contenus légers, multipliant les sections ultraspécialisées. Mariage, divorce, femme, comédie, animaux, religion, maternité, bonne nouvelle, tout y passe. Si bien que Arianna Huffington décrit désormais son média tentaculaire comme «un buffet» capable de satisfaire «tous les intérêts et toutes les passions». Le tout avec un regard «progressiste» sur le monde.

L'objectivité

Interrogé à ce sujet lors de son passage à Montréal hier, «la rédactrice en chef d'Internet» comme la décrivent certains commentateurs, s'est défendue de vouloir camper son média à gauche ou à droite. Pour elle, l'étiquette progressiste ne loge ni d'un côté ni de l'autre de l'échiquier politique, c'est plutôt une volonté d'avancer en tant que société. «Il faut bousculer la façon traditionnelle des médias de voir les choses comme des enjeux de droite ou de gauche», a-t-elle déclaré. «On ne sera pas péquiste, on ne sera pas caquiste, on ne sera pas libérale. On ne prend pas d'option», a complété Patrick White.

Il a souligné que ses journalistes n'ont pas été choisis selon leurs opinions politiques et font un travail objectif. Là-dessus, lors de sa précédente visite en ville en septembre, sa patronne avait critiqué «la vision obsolète de l'objectivité» des médias traditionnels, vision qui consiste selon elle à présenter les deux côtés de la médaille en prétextant que la vérité se situe quelque part entre les deux. Pour elle, la vérité est le plus souvent, au contraire, d'un côté ou de l'autre. En ce sens, l'information ainsi formatée n'a pas d'avenir, car désormais c'est la confiance, l'authenticité, et la créativité qui permettent de se démarquer, estime-t-elle. «Ce qui nous manque ce n'est pas l'information, c'est la sagesse», avait-elle déclaré.

 

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