Alors que le conflit de travail au Journal de Montréal amorce sa troisième année, les parlementaires tenteront d'en comprendre les causes et les conséquences la semaine prochaine, dans le cadre des travaux de la Commission de l'économie et du travail. Ils se concentreront néanmoins sur les dispositions anti-briseurs de grève prévues dans le Code du travail, dans le but de savoir si le rapport de force que le législateur a souhaité établir à l'origine de la loi existe encore. Les parlementaires ne formuleront donc pas de recommandations relatives à la concentration de la presse, bien qu'elle soit «au cœur du litige».

Alors que le conflit de travail au Journal de Montréal amorce sa troisième année, les parlementaires tenteront d'en comprendre les causes et les conséquences la semaine prochaine, dans le cadre des travaux de la Commission de l'économie et du travail.

Ces travaux feront écho à deux pétitions déposées à l'Assemblée nationale cet automne réclamant que le gouvernement mette en branle «tous les moyens dont il dispose pour favoriser, dans les meilleurs délais, un règlement négocié satisfaisant pour les parties»

Ils se concentreront néanmoins sur les dispositions anti-briseurs de grève prévues dans le Code du travail, dans le but de savoir si le rapport de force que le législateur a souhaité établir à l'origine de la loi existe encore. Les parlementaires ne formuleront donc pas de recommandations relatives à la concentration de la presse, bien qu'elle soit «au cœur du litige», comme on peut le lire dans le document de consultation.

On y lit également: «pendant ce lock-out, le journal a eu recours aux services de l’Agence QMI, l’agence de presse de Quebecor Media, qui a été créée à l’automne 2008. Le journal a aussi publié des textes et des photographies provenant de publications et de sites Internet appartenant à Quebecor».

De fait, la Fédération des journalistes professionnels du Québec (FPJQ) estime que ce conflit «est en soi la preuve du laxisme de tous les gouvernements qui ont refusé au fil des ans d'imposer des règles pour freiner la concentration de la presse».

Un mandat restreint

La première version du document de consultation prévoit que l'on s'attarde aux questions de convergence et de concentration de la presse. Cependant, elles ne relèvent pas de la Commission de l'économie et du travail, mais de celle de la culture et de l'éducation, ce pour quoi elles ont été exclues du document final, explique le président de la commission, le député François Ouimet. Les intervenants pourront les aborder, mais les parlementaires ne les commenteront pas, ajoute-t-il.

Pour le secrétaire gnéral du Conseil de presse du Québec, Guy Amyot, il est juste que la Commission de l'économie et du travail se concentre sur les dispositions anti-briseurs de grève. Bien qu'on ne puisse faire l'économie de traiter de la convergence en regard au conflit au Journal de Montréal, il faut faire un premier pas vers la résolution du conflit et la modernisation du Code du travail lui semble la bonne.

Il faut néanmoins précisé que le mandat de la Commission parlementaire est purement consultatif. En conséquence, il reviendra au gouvernement d'agir ou non, qu'importe les recommandations qui déboucheront des audiences de la semaine prochaine.

En attendant Payette

Selon François Ouimet, «il est possible qu'il y ait par la suite une commission parlementaire portant sur la convergence dans la foulée du dépôt du rapport Payette». Ce sera à cette éventuelle commission de formuler des recommandations sur ce dossier, comme le réclame la FPJQ qui s'exprimera devant la Commission de l'économie et du travail mercredi prochain.

La veille, les parlementaires écouteront notamment le Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal et Quebecor. L'entreprise devrait sans grande surprise se positionner contre toute modification du Code de travail. Elle a d'ores et déjà mené des activités de lobbyisme en ce sens auprès du ministère du Travail et de l'Assemblée nationale, comme l'indique le registre des lobbyistes du Québec.

En attendant, le Groupe de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec chapeauté par Dominique Payette présentera son rapport aux médias demain. Mis sur pied fin 2009, ce groupe a reçu le mandat de la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, de mener une analyse de la situation et de proposer des solutions concrètes et réalistes aux problèmes actuels du journalisme et des médias d’information au Québec.

 

Voir aussi:

Convergence : la prise de conscience

Conflit au JdeM: la loi anti-scabs est-elle la clef?

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