Mélanie Meloche-Holubowski, ProjetJ |

Je
viens de couvrir un évènement historique, une occasion que je n’aurais
jamais crue possible il y a quelques mois. Je suis une jeune
journaliste de 26 ans qui travaille pour les Hebdos du Suroît, un
journal bihebdomadaire dans Vaudreuil-Soulanges. Comme plusieurs jeunes
journalistes, je rêvais de voyager et de couvrir les plus gros moments
de l’histoire. Ce rêve, il a débuté cette semaine à New York. Un stage
organisé par le Carrefour international de la presse universitaire
francophone (CIPUF) m’a été offert avec 24 jeunes entre 18 et 25 ans,
pour couvrir une des plus grandes élections aux États-Unis. Je suis
journaliste depuis moins de deux ans et cette expérience a été le
summum de mon travail à ce jour.

Mélanie Meloche-Holubowski, ProjetJ |

Je viens de couvrir un évènement historique, une occasion que je n’aurais jamais crue possible il y a quelques mois. Je suis une jeune journaliste de 26 ans qui travaille pour les Hebdos du Suroît, un journal bihebdomadaire dans Vaudreuil-Soulanges. Comme plusieurs jeunes journalistes, je rêvais de voyager et de couvrir les plus gros moments de l’histoire. Ce rêve, il a débuté cette semaine à New York. Un stage organisé par le Carrefour international de la presse universitaire francophone (CIPUF) m’a été offert avec 24 jeunes entre 18 et 25 ans, pour couvrir une des plus grandes élections aux États-Unis. Je suis journaliste depuis moins de deux ans et cette expérience a été le summum de mon travail à ce jour.

Pas toujours facile être journaliste à l’étranger

La première journée à New York fut un peu décevante. Nous avons passé plus de temps à nous situer dans le métro que de faire des entrevues. Il n’est pas facile de se retrouver à la dernière minute à comprendre comment se rendre d’un point à l’autre de la ville. Le « subway » de New York est nettement plus compliqué que le métro de Montréal! Mon idée d’écrire à propos de l’influence des élections sur les marchés financiers ne s’est jamais réalisée. Mes appels et mes courriels n’ont jamais été répondus.

Mardi a été une longue journée, mais extrêmement enrichissante. J’étais debout à 7 h 30 pour une réunion avec les autres participants. Un coup d’œil sur les journaux du matin et chacun présentait son plan de match pour la journée. Mon horaire comportait plusieurs arrêts à travers la ville. Un : arrêt dans un bureau de vote tout près de l’auberge. Deux : visiter les bureaux des républicains à New York. Trois : visiter Time Square et Union Square pour terminer mes recherches sur la commercialisation des élections américaines. Ensuite, de retour à l’auberge pour écrire deux textes pour alimenter le fil de presse. Quatre : couvrir les résultats de l’élection du centre-ville de New York.

Mon plan pour la soirée comportait quatre arrêts : la soirée des démocrates, celle des républicains, le Rockefeller Center et Time Square. J’ai interviewé des dizaines de personnes à travers la soirée pour obtenir le pouls de ces résultats. L’atmosphère était enlevante. Je n’ai jamais vu autant d’émotions pour des élections. Les gens pleuraient et écoutaient attentivement les paroles d’Obama sur l’écran géant.

Vers 2 h 30, je me suis installée dans le lobby du Sheraton Hotel pour écrire mon texte et l’envoyer rapidement sur le fil de presse. La soirée a été tellement intense que les mots coulaient facilement. À 4 h, j’ai terminé mon papier et je suis rentrée à l’auberge avec un autre stagiaire. Nous étions tous deux encore renversés et étourdis par la soirée que nous venions de vivre.

J’ai pris des centaines de photos au cours des trois jours. Des visages pleins d’émotions qui me rappelleront toujours ce stage. Enfin, je préparerai un blogue pour mettre toute cette information que j’ai récoltée afin que mes amis, collègues et famille puissent voir et comprendre l’expérience inoubliable que j’ai vécue.

Jeudi soir, j’ai assisté à deux conférences à l’université Columbia. La première regroupait des experts de l’ONU, d’Amnistie internationale et de Human Rights Watch. La conférence a dressé un portrait de la situation des réfugiés iraquiens et a donné des recommandations au nouveau président. La deuxième conférence était un débat avec des journalistes du Daily News et du New Yorker pour faire un bilan des élections. Une soirée un peu cocasse, avec des commentaires des journalistes qui ont couvert la campagne depuis plus d’un an. Ce fût une occasion pour moi de repenser à ma soirée et à la signification de ce moment.

Une expérience enrichissante

En somme, j’encourage tous les étudiants à couvrir les grands évènements, à participer à de tels stages. Le CIPUF offre des stages quelques fois par année, et ce travers le monde. Gardez un œil sur leur site web pour les prochains stages offerts. Même si mes papiers n’ont pas été publiés dans les grands journaux, l’expérience n’a fait que confirmer mon amour pour ce métier. Après avoir affronté un tel défi, je sais que je peux m’attaquer à n’importe quel évènement ou entrevue. Le seul conseil que je peux offrir : il faut se préparer le plus possible avant d’arriver sur le terrain. Trop de participants n’avaient pas développé leurs idées, n’avaient pas pensé à contacter des personnes pour des entrevues. Plusieurs ont dû changer le sujet de leurs papiers, faute de temps ou d’entrevues.

Lundi, je suis de retour à mon travail, où je devrai commencer à couvrir les élections provinciales. Malheureusement, je ne crois pas que Jean Charest, Pauline Marois ou Mario Dumont, auront le charisme pour soulever la population comme Obama l’a faite aux États-Unis. Si seulement nos politiciens peuvent s’inspirer d’Obama et de sa campagne électorale,
peut-être aurons-nous au Canada des élections plus intéressantes. Je ne sais pas si nous aurons un jour un premier ministre qui saura inspirer de telles passions pour des élections.

Carrefour international de la presse universitaire francophone (CIPUF)

[node:ad]