Cette révolution de support autour du papier électronique pose aussi le problème du modèle économique et des ressources financières, car Internet, qui coordonne autour de lui ce nouveau modèle économique et technologique, cette nouvelle révolution culturelle, véhicule un modèle de communication individuel « hétérarchique » associé à une gratuité utopique et illusoire. Dans le secteur de la presse et de l’information, qui pourra jouer le rôle de vérificateur de source, d’enquêteur de faits et gestes significatifs, de passeur de connaissances ? Un rôle joué par le journaliste, mais aussi par le professeur à l’école ou à l’université, par le savant dans un centre de recherche. Que deviendra la presse d’information qui analyse, commente et interprète les événements, et est indispensable au bon fonctionnement démocratique de notre monde qui vit au jour le jour, sans rendre compte de l’épaisseur de la réalité ? Cette problématique est la même dans l’imprimerie ou l’édition qui manque d’« éditeurs ». Le rôle de médiateur semble se redéfinir à la dimension personnelle et individuelle et non plus à travers le corps d’un
métier particulier qui implique des critères d’apprentissage et de compétences, et qui véhicule des valeurs éthiques d’objectivité. L’information qui devrait être la base de la connaissance et du savoir se heurte à la dictature de l’opinion, faillible, où chacun détient un morceau de la vérité et voit le monde par le petit bout de la lorgnette. La connaissance, elle, est universelle et vérifiable et s’associe le plus souvent à la « raison raisonnable », premier pilier de la démocratie, comme disait Habermas. La liberté individuelle semble centrale dans cette nouvelle réalité qui nous ouvre à un « univers à finalités ouvertes », dont nous essayons de dessiner les limites techniques, culturelles et morales à travers ce livre. Éric Le Ray

* La bataille de l’imprimé à l’ère du papier électronique.
Sous la direction d’Éric Le Ray et Jean-Paul Lafrance, 264 p.

Cette révolution de support autour du papier électronique pose aussi le problème du modèle économique et des ressources financières, car Internet, qui coordonne autour de lui ce nouveau modèle économique et technologique, cette nouvelle révolution culturelle, véhicule un modèle de communication individuel « hétérarchique » associé à une gratuité utopique et illusoire. Dans le secteur de la presse et de l’information, qui pourra jouer le rôle de vérificateur de source, d’enquêteur de faits et gestes significatifs, de passeur de connaissances ? Un rôle joué par le journaliste, mais aussi par le professeur à l’école ou à l’université, par le savant dans un centre de recherche. Que deviendra la presse d’information qui analyse, commente et interprète les événements, et est indispensable au bon fonctionnement démocratique de notre monde qui vit au jour le jour, sans rendre compte de l’épaisseur de la réalité ? Cette problématique est la même dans l’imprimerie ou l’édition qui manque d’« éditeurs ». Le rôle de médiateur semble se redéfinir à la dimension personnelle et individuelle et non plus à travers le corps d’un
métier particulier qui implique des critères d’apprentissage et de compétences, et qui véhicule des valeurs éthiques d’objectivité. L’information qui devrait être la base de la connaissance et du savoir se heurte à la dictature de l’opinion, faillible, où chacun détient un morceau de la vérité et voit le monde par le petit bout de la lorgnette. La connaissance, elle, est universelle et vérifiable et s’associe le plus souvent à la « raison raisonnable », premier pilier de la démocratie, comme disait Habermas. La liberté individuelle semble centrale dans cette nouvelle réalité qui nous ouvre à un « univers à finalités ouvertes », dont nous essayons de dessiner les limites techniques, culturelles et morales à travers ce livre. Éric Le Ray

* La bataille de l’imprimé à l’ère du papier électronique.
Sous la direction d’Éric Le Ray et Jean-Paul Lafrance, 264 p.

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