Depuis une dizaine de jours, le monde
scientifique se déchire autour d’une découverte de la NASA. Le 29
novembre, l’agence spatiale a publié
un communiqué
annonçant une conférence de presse pour «discuter d’une
découverte en astrobiologie qui aura un impact sur la recherche de
preuves de vie extraterrestre». Devant le terme «extraterrestre»,
la machine à spéculations s’emballe, notamment sur le blogue
Gizmodo.

Depuis une dizaine de jours, le monde
scientifique se déchire autour d’une découverte de la NASA. Le 29
novembre, l’agence spatiale a publié
un communiqué
annonçant une conférence de presse pour «discuter d’une
découverte en astrobiologie qui aura un impact sur la recherche de
preuves de vie extraterrestre». Devant le terme «extraterrestre»,
la machine à spéculations s’emballe, notamment sur le blogue
Gizmodo.

Mais
finalement le 2 novembre, le ballon se dégonfle. La NASA n’a pas de
tribu de petits hommes verts à présenter au public, mais plutôt
une bactérie du lac Mono, en Californie, qui pourrait croître en
utilisant de l’arsenic plutôt que du phosphore. Sans avoir mis le
doigt sur la maison d’E.T, les chercheurs, Wolfe-Simon et al,
estiment que leur découverte va changer radicalement notre
conception de la vie et tracer de nouvelles pistes dans notre
recherche de la vie sur Terre et ailleurs dans l’univers.

Surfant
sur le fantasme extraterrestre, les résultats de la recherche
publiés dans la prestigieuse revue Science
bénéficient d’une couverture médiatique importante. Chez nous,
elle se taille une place au téléjournal de Radio-Canada, Le Soleil
titre «L’homme ne serait pas seul dans l’Univers» et Le Devoir
écrit «Vers de nouvelles formes de vie». Aux États-Unis, la
bactérie fait même la une du New York Times, du Washington Post et
du San Francisco Chronicle.

Les
travaux Wolfe-Simon et al sont cependant rapidement disséqués et
fustigés par la communauté scientifique blogueuse. La
microbiologiste Rosie Redfield, de l’Université de
Colombie-Britannique, écrit par exemple que l’article «ne
présente aucune preuve convaincante que l’arsenic a été
incorporé dans l’ADN» de la bactérie du Lac Mono. Pour sa part,
Shelley Cooley, de l’Université du Colorado, juge que «cet
article n’aurait pas dû être publié». Même la revue Nature
s’en mêle.

Devant
tant de scepticisme,
la NASA, qui s’était excusée lors de sa conférence de presse à
«tous ceux qui attendaient la présentation d’extraterrestres», se
défend d’avoir créé une bulle médiatique en faisant un usage
erroné du terme «extraterrestre». Son porte-parole, Dwayne Brown,
estime même que le débat scientifique ne doit pas avoir lieu dans
les médias, mais dans la littérature scientifique.

Que nous apprend cette saga de la façon dont les médias absorbent et transmettent l’information scientifique, mais aussi sur la manière dont les
scientifiques communiquent avec les journalistes et le public en général? The Colombia Journalism Review a suivi le dossier pas à pas: Close Encounters of the Media Kind ; A Life Less Ordinary ; The Right Place for Scientif Debate? Voir aussi l’analyse du Guardian et celle d’Embargo Watch.

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