La 54e exposition World Press Photo a ouvert ses portes hier à Montréal. Habituellement présenté au défunt Musée Juste pour rire, ce rendez-vous annuel avec les principaux événements qui ont marqué l'actualité de l'année précédente se déploie cette année au Marché Bonsecours dans une immense salle inondée de lumière naturelle face au Vieux-Port. Un environnement qui permet de mieux apprécier le travail des meilleurs photojournalistes au monde.

La 54e exposition World Press Photo a ouvert ses portes hier à Montréal. Habituellement présenté au défunt Musée Juste pour rire, ce rendez-vous annuel avec les principaux événements qui ont marqué l'actualité de l'année précédente se déploie cette année au Marché Bonsecours dans une immense salle inondée de lumière naturelle face au Vieux-Port. Un environnement qui permet de mieux apprécier le travail des meilleurs photojournalistes au monde.

Le World Press Photo est une exposition itinérante présentée dans une centaine de villes dans 45 pays. 2 millions de personnes s'y pressent chaque année pour admirer les clichés gagnants du plus important concours de photographie de presse de la planète. Cette année 5691 photographes de 125 pays ont soumis leur travail. Le jury en a sélectionné 54.

La photographie de l'année, signée par la photographe sud-africaine Jodi Bieber, témoigne de la violence faite aux femmes. Il s'agit d'un portrait d'une jeune afghane dont le nez a été coupé parce qu'elle avait fui la maison de son mari, à Kaboul. Mais contrairement aux années précédentes, les images du Moyen-Orient ne dominent pas l'exposition. Le spectateur fait un véritable tour du monde de l'actualité, se plongeant dans les suites du tremblement de terre en Haïti, les crimes des narcotrafiquants au Mexique, l'éruption du volcan Merapi sur l'île de Java ou la famine en Somalie.

Le jury a également décerné une mention spéciale à un reportage de 12 photographies réalisées par des mineurs coincés au fond de la mine de Copiapo au Chili. Il a ainsi voulu reconnaître le journalisme citoyen pour une série d'images prises dans un endroit absolument inaccessible aux photoreporters professionnels.

Outre l'actualité, les clichés regroupés dans les catégories art, nature et sport sont également saisissants. Le premier prix dans la catégorie nature est une photographie d'un fou de Bassan. Immortalisé de prêt et de face en plein atterrissage par le photographe allemand Thomas P. Peschak, l'oiseau semble foncé droit sur le spectateur. Dans la catégorie arts et spectacle, le premier prix a été attribué à une image tout aussi étonnante d'une violoncelliste de l'orchestre symphonique de Kinshasa. Quant au cliché sportif de l'année, il montre un violent accident de soccer lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud.

Le Mois de la photo

Organisatrice de l'exposition, l'équipe de la toute jeune OBNL Productions Foton a choisi de consacrer la mezzanine de la salle à deux expositions parallèles qui, sans avoir le prestige du World Press Photo, ne présentent pas moins des œuvres d'exception. L'exposition AntropoGraphia braque les projecteurs sur des photoreportages consacrés à des sujets de droits humains sous-médiatisés, dont l'itinérance aux États-Unis ou la prostitution des immigrantes africaines en Italie, tandis que l'exposition C-41 met à l'honneur la relève photographique québécoise.

En parallèle, Productions Foton présentera la semaine prochaine deux conférences portant sur le photoreportage contemporain et la photographie documentaire, en partenariat avec le Collège Dawson. Le 12 septembre Stephen Mayes, secrétaire du concours World Press Photo 2010, présentera les stratégies à adopter par les jeunes photojournalistes pour percer et commentera les changements technologiques et les nouvelles tendances en multimédia. Le 13 septembre, la grande gagnante du World Press Photo 2010, Jodi Bieber, parlera de ses expériences en tant que femme photoreporter et de son engagement en tant que photographe contre la violence faite aux femmes. (en anglais seulement à la salle 5B16 du COllège Dawson, 3040 rue Sherbrooke O.)

Présentées jusqu'au 2 octobre au 325 rue de la Commune Est, les trois expositions du Marché Bonsecours s'inscrivent dans la douzième édition du Mois de la photo à Montréal. Placé cette année sous le thème Lucidité – Vues de l'intérieur, l'événement offre au public montréalais 25 expositions solos et interventions extérieures.

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