Les lecteurs de La
Presse
ont reçu leur journal du jour emballé dans une
enveloppe publicitaire. Cette pratique devient récurrente au sein du
groupe Gesca. Aujourd’hui, une publicité de Ford occupe la
quasi-totalité de la une du quotidien montréalais. Commanditaire
des Canadiens de Montréal, le constructeur automobile profite de cet
espace pour encourager l’équipe en vue de son premier match en
séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey contre les
Bruins de Boston.

Les lecteurs de La
Presse
ont reçu leur journal du jour emballé dans une
enveloppe publicitaire. Cette pratique devient récurrente au sein du
groupe Gesca. Aujourd’hui, une publicité de Ford occupe la
quasi-totalité de la une du quotidien montréalais. Commanditaire
des Canadiens de Montréal, le constructeur automobile profite de cet
espace pour encourager l’équipe en vue de son premier match en
séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey contre les
Bruins de Boston.

La
Presse
d’aujourd’hui
avec et sans enveloppe publicitaire:

En
langage de publicitaire, cette enveloppe extérieure s’appelle une
«jaquette». La publicité occupe les trois quarts inférieurs de la
page et est surmontée de la vitrine du journal, soit son logo et
quelques titres en manchette. Le tout est surplombé d’un bandeau
indiquant «Votre édition complète à l’intérieur».

S’inspirant
de plusieurs quotidiens américains, dont le
New
York Times
et le Los
Angeles Times
, le groupe
Gesca a commencé à vendre ce type d’espace aux grands annonceurs,
principalement des géants de l’automobile, en juillet 2010.
Les quotidiens gratuits montréalais ont également
adopté cette pratique depuis quelque temps.

Une pratique commerciale contestée

Auprès du public et de la communauté journalistique, qu’on la nomme «fausse une» ou «jaquette», cette enveloppe détachable est loin de faire l’unanimité. L’animatrice et productrice
Marie-France Bazzo s’en est vivement plainte ce matin sur
Twitter et son coup de gueule a été repris par plusieurs
internautes:

Plusieurs
syndicats de journalistes du groupe se plaignent également. Appuyés
par deux lecteurs, le Syndicat de la rédaction du
Soleil,
le Syndicat de l’Information du
Nouvelliste
et le Syndicat des travailleurs de l’information de
La
Presse
ont tous porté
plainte au Conseil de Presse du Québec (CPQ) en réclamant que cesse
cette pratique. Pour eux, elle fait fi de l’étanchéité entre la
salle de rédaction et le département du marketing, berne les
lecteurs et porte atteinte à la réputation et à la crédibilité
des employés de l’information.

Journalistes et lecteurs n’ont cependant pas obtenu gain de cause, car le CPQ juge
que la pratique contestée est «un produit purement publicitaire».
Elle ne relève donc pas de la déontologie journalistique. Le
tribunal d’honneur de la profession estime par ailleurs que l’éditeur
s’acquitte de ses obligations envers ses lecteurs «en distinguant
clairement le contenu publicitaire du contenu journalistique» et
n’incite pas les journalistes à rapprocher le contenu journalistique
du contenu publicitaire, ce qui pourrait conduire à un mélange des
genres. Pour le Conseil de presse, «cette question relève de la
politique commerciale de l’éditeur et sera jugée par le public».

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