Le quotidien de la rue Saint-Jacques a mis fin aux contrats de huit surnuméraires la semaine dernière, un neuvième ayant démissionné de lui-même. Des coupures qui ne seraient pas imputables à un manque de performance du plan Ipad, mais plutôt au fait que la nouvelle organisation du travail commence à prendre son rythme de croisière.

Le quotidien de la rue Saint-Jacques a mis fin aux contrats de huit surnuméraires la semaine dernière, un neuvième ayant démissionné de lui-même. Des coupures qui ne seraient pas imputables à un manque de performance du plan Ipad, mais plutôt au fait que la nouvelle organisation du travail commence à prendre son rythme de croisière.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

«Il y a eu beaucoup d’embauches au moment du développement et de la mise en place du plan Ipad, rapporte Frédéric Murphy, président du syndicat à La Presse. Plus d’une centaine rien qu’à la rédaction. À l’époque, une dizaine seulement avait obtenu directement un poste de permanent, les autres étant surnuméraires. Ce que nous dit la direction, c’est que le fonctionnement de la nouvelle plateforme, La Presse+, est devenu plus fluide, que chacun a pris ses marques et qu’il n’y a donc plus besoin d’autant de monde.»

Toujours selon les informations que la direction a donné au syndicat, cette vague de coupures serait la dernière d’ici la fin de l’année. Et elle a eu lieu dès maintenant pour ne pas donner de faux espoirs aux journalistes touchés.

En janvier 2012, le syndicat a signé une entente avec la direction. Celle-ci avait besoin d’embaucher massivement dans l’optique de son plan Ipad, mais il y avait de nombreuses inconnues. Le plan verrait-il seulement le jour? Décollerait-il? Quel impact aurait-il sur l’organisation du travail dans une optique multiplateforme? Le papier disparaitrait-il et si oui, à quelle échéance?

Certainement d’autres départs en 2014

«Devant tant d’incertitudes, nous avons accepté que les nouvelles recrues entrent avec un statut de surnuméraire, explique Frédéric Murphy. À condition qu’ils soit décidé de leur sort avant le mois de novembre 2013. Nous avons également obtenu à l’époque la permanence de sept travailleurs temporaires.»

«Au début de l’année, nous avons commencé les négociations par anticipation sur la convention collective, poursuit-il. Là, la direction nous a dit que novembre 2013, c’était trop tôt et qu’il fallait repousser la deadline d’un an. Ce que nous avons accepté en contrepartie de la titularisation de tous les surnuméraires employés à La Presse avant 2012 et de 10 autres permanences attribuées avant le printemps 2014. Malheureusement, il y a donc encore beaucoup d’incertitudes et il est bien probable qu’il y ait de nouveaux départs avant la fin 2014.»

[node:ad]

Une pluie de mauvaises nouvelles

Ainsi, sur les 104 surnuméraires encore en poste à la rédaction de La Presse, seuls trois étaient déjà à l’emploi avant 2012,  parce qu’ils ont refusé la permanence qu’on leur proposait. Les neuf qui ont perdu leur travail la semaine dernière n’était à l’emploi que depuis quelques mois, aucun ne totalisant les 156 jours nécessaires pour accéder à la liste de rappel établissant les priorités par ordre d'ancienneté.

Reste que les mauvaises nouvelles ne cessent de pleuvoir sur l’industrie au Québec. Rappelons que TC Media a aboli 11 postes de journalistes dans ses hebdos montréalais au printemps. Début juin, c’est TVA Groupe qui annonçait la coupure de 90 postes, tous services confondus. Alors que la semaine dernière, Sun Média confirmait la fermeture de trois de ses hebdos québécois, mettant ainsi une vingtaine de journalistes sur le carreau.

 

À lire aussi :

Surnuméraires: les légionnaires précaires de l'info

La Presse: la révolution numérique est en marche