Depuis samedi, l’explosion du train à Lac-Mégantic est à la une un peu partout sur la planète. Elle figure même, aujourd’hui encore, au troisième rang des nouvelles les plus couvertes à l’international, selon le classement d’Influence Communication.

Depuis samedi, l’explosion du train à Lac-Mégantic est à la une un peu partout sur la planète. Elle figure même, aujourd’hui encore, au troisième rang des nouvelles les plus couvertes à l’international, selon le classement d’Influence Communication.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Balayé Snowden, le Tour de France cycliste ou encore les finales du tournoi de tennis de Wimbledon. Seuls la chute du président Morsi en Égypte et l’écrasement d’un avion à l’aéroport de San Francisco auront fait plus parler d’eux que le déraillement et l’explosion du train de Lac-Mégantic, dans les médias internationaux depuis samedi.

CNN a débuté sa couverture de la catastrophe dès 7 heures du matin, samedi. Sur son site internet, celle-ci fait même partie des nouvelles le plus cliquées. Les chaines de télévision françaises ont dépêché des envoyés spéciaux sur les lieux et en ont parlé dans tous leurs téléjournaux, chaque fois dans les trois premiers sujets. L’Agence France Presse est présente avec un photographe.

«Les journaux s’abreuvent beaucoup via les fils de presse, commente Jean-François Dumas, président d’Influence Communication, mais nombreux sont ceux qui ont envoyé des journalistes sur place. D’autres font appel à des reporters d’ici pour leur écrire des histoires. C’est sans conteste la nouvelle qui fait le plus parler du Québec à l’international depuis janvier 2012. Et, alors que 85% des informations ont une durée de vie médiatique de l’ordre de 24 heures, dans ce cas-ci, ça dure: nous avons encore ce matin des journaux en Chine, Malaisie, Philippines qui en font leur manchette.»

Une tragédie qui fait la une

Car il ne s’agit pas là d’une nouvelle reléguée dans les pages internationales ou sur le site internet des journaux. La tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic a fait la une dans une quarantaine de pays.

Les médias des États-Unis sont bien sûr en première ligne, mais l’Asie, L’Europe et toute la francophonie ne sont pas en reste.

«Le traitement n’est pas le même partout, note Jean-François Dumas. Pour beaucoup, il s’agît d’une catastrophe au Canada. Ils sont peu nombreux à la situer au Québec, encore moins à parler de l’Estrie ou de Lac-Mégantic. Sauf à avoir une proximité particulière avec la province. Par le biais de la langue par exemple.»

Durant la fin de semaine, les médias internationaux se sont  intéressés aux faits. Nombreux sont ceux qui ont insisté sur l’ampleur de la zone sinistrées, la trentaine de bâtiments soufflés, les morts, les personnes disparues. Photos, vidéos et témoignages ont ensuite afflué.

Les questions que soulève le drame

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«En situation de crise de ce type, le matériel est souvent redondant, estime le président d’Influence Communication. Dans notre cas, la couverture visuelle est très hétéroclite car nous disposons d’une multitude d’images toutes plus saisissantes les unes que les autres. Les journaux peuvent parler plusieurs jours du sujet sans jamais utiliser les mêmes photos.»

Mais très vite, les questions que soulève le drame s’emparent des colonnes. Négligence de la compagnie propriétaire du train? Mépris de son président qui n’a pas trouvé nécessaire de se déplacer sur les lieux du drame en fin de semaine? Pertinence de faire passer des trains remplis de pétrole au cœur des villes? Conséquences économiques et environnementales, etc.

Ainsi, ce matin, le quotidien français Libération titre, sous la plume de la journaliste du Devoir Marie-Andrée Chouinard, «Lourd bilan et Saint-Laurent menacé après l'accident de train canadien».

Faits divers et affaires judiciaires

Quoi qu’il en soit, ce traitement massif marque une nouvelle fois le tournant observé depuis dix-huit mois dans la couverture internationale du Québec. La tragédie de Lac-Mégantic est de loin la nouvelle la plus citée, juste devant l’affaire Magnotta, le conflit étudiant et ses manifestations de violence et l’évasion de la prison de Saint-Jérôme en mars dernier.

«Si on continue ce classement, parmi les quinze nouvelles québécoises les plus populaires à l’international, on ne trouve que des faits-divers ou des affaires judiciaires, commente Jean-François Dumas. À part la possible élection d’un pape venu d’ici, qui se classe cinquième. Alors qu’entre 2001 et 2011, lorsque les médias étrangers s’intéressaient au Québec, c’était à 58% pour des raisons culturelles ou touristiques. C’est circonstanciel. Tous les événements couverts n’ont aucun rapport les uns avec les autres. Mais il est probable que ça déforme l’image du Québec à l’international. Est-ce que ça aura un impact? Il faudrait en tout cas s’en soucier.»

 

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