Colette Brin, ProjetJ | S’il y a lieu de s’interroger sur l’avenir du journalisme ces temps-ci, c’est forcément aussi le cas du Conseil de presse du Québec, qui souligne cette année ses 35 ans d’existence.

Cet organisme méconnu du public, parfois mal aimé des médias et pourtant essentiel, vient de publier le compte rendu d’une tournée des régions effectuée l’hiver dernier. À partir de ce document, qui dresse sans surprise un portrait plutôt critique de l’accès à une information de qualité hors des grands centres, le Conseil de presse élaborera un plan d’action sur l’information locale, régionale et nationale. On peut espérer qu’il profitera aussi de l’occasion pour revoir son propre rôle et sa propre structure, étant donné les transformations rapides et profondes qui affectent les médias et l’information.

Colette Brin, ProjetJ |

S’il y a lieu de s’interroger sur l’avenir du journalisme ces temps-ci, c’est forcément aussi le cas du Conseil de presse du Québec, qui souligne cette année ses 35 ans d’existence.

Cet organisme méconnu du public, parfois mal aimé des médias et pourtant essentiel, vient de publier le compte rendu d’une tournée des régions effectuée l’hiver dernier (URL). À partir de ce document, qui dresse sans surprise un portrait plutôt critique de l’accès à une information de qualité hors des grands centres, le Conseil de presse élaborera un plan d’action sur l’information locale, régionale et nationale. On peut espérer qu’il profitera aussi de l’occasion pour revoir son propre rôle et sa propre structure, étant donné les transformations rapides et profondes qui affectent les médias et l’information.

Depuis sa création en 1973, le Conseil de presse agit principalement comme tribunal d’honneur: il reçoit et traite, bon an mal an, une centaine de plaintes sur d’éventuels manquements à la déontologie journalistique. Mais il se permet aussi, à l’occasion, d’intervenir dans les débats sur les médias, que ce soit pour dénoncer la couverture d’un événement ou d’un enjeu particulier ou encore pour déplorer les effets néfastes de la concentration de la propriété. Il se veut donc en premier lieu le défenseur critique et indépendant du droit du public à l’information et non – la nuance est importante – le protecteur de l’industrie des médias, ni même de la profession journalistique.

Et pourtant, l’indépendance et la portée de l’action du Conseil sont garants de la liberté de presse. Cela peut sembler paradoxal – surtout du point de vue des entreprises et des journalistes qui sont trouvés fautifs à l’occasion – mais les Conseils de presse (et autres mécanismes d’autorégulation, comme les ombudsmans et les codes de déontologie internes des médias) ont été constitués à des fins préventives, c’est-à-dire pour éviter une réglementation étatique des pratiques journalistiques, jugée inacceptable en démocratie libérale.

Or, la situation actuelle du Conseil de presse, en particulier sa structure de financement, n’assure en rien son indépendance. La formule de financement mixte, composée de contributions des médias membres et d’une subvention gouvernementale, est intéressante. On pourrait évidemment souhaiter que ce financement soit plus généreux. Mais il faudrait surtout qu’il soit stable sur un certain nombre d’années, afin d’éviter au Conseil de presse des démarches constantes de quémandage.

Pour renforcer la portée de ses décisions, le Conseil de presse doit aussi trouver des moyens pour améliorer sa visibilité. La tournée des régions – financée par le ministère fédéral du Patrimoine – a sans doute servi cet objectif, même si la participation a été relativement faible (250 participants du public sur l’ensemble du Québec). N’existe-t-il pas des moyens moins onéreux, plus simples, pour renforcer la présence du Conseil de presse dans l’espace public?

Quelques idées lues ou entendues lors de ce colloque:

– Proposer aux médias membres d’afficher bien en vue sur la page d’accueil de leur site Web un logo du Conseil de presse avec un slogan évoquant un sceau de qualité, avec lien cliquable vers le site du Conseil;
– Coordonner, en collaboration avec la FPJQ, des visites de journalistes ou de membres du public au Conseil de presse dans les écoles secondaires et les cégeps;
– Offrir, avec la FPJQ, des ateliers de formation continue en déontologie journalistique pour les professionnels et le public;
– Simplifier le processus de traitement des plaintes et la formulation des décisions;
– Développer des liens avec d’autres organismes ayant des missions semblables, dont les conseils de presse ailleurs dans le monde;
– Transmettre les décisions et autres informations concernant le Conseil de presse par l’entremise d’outils Internet (infolettre, fil RSS, sites de réseautage social).

Enfin, compte tenu de ses moyens limités, il me semble que le Conseil de presse gagnerait en efficacité s’il restreignait son champ d’action, pour se concentrer sur quelques initiatives concrètes.

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