Dans son édition de ce matin, le journal Le Droit, affirme avoir mis la main sur un rapport de mai 2012, dans lequel un comité interne à l’Université d’Ottawa conclurait à la nécessité de suspendre «le plus tôt possible», voire d’abolir purement et simplement, son baccalauréat en journalisme. «Mal construit», ce programme porterait «atteinte à la réputation» de l’établissement. Quoi qu’il en soit, il n’y aura pas de nouvelle cohorte cette année.

Dans son édition de ce matin, le journal Le Droit affirme avoir mis la main sur un rapport de mai 2012, dans lequel un comité interne à l’Université d’Ottawa conclurait à la nécessité de suspendre «le plus tôt possible», voire d’abolir purement et simplement son baccalauréat en journalisme. «Mal construit», ce programme porterait «atteinte à la réputation» de l’établissement. Quoi qu’il en soit, il n’y aura pas de nouvelle cohorte cette année.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Ça fait un moment que le site internet du baccalauréat en journalisme de l’Université d’Ottawa stipule que, pour cause de programme en révision, aucune nouvelle demande d’admission pour 2013  ne serait acceptée.

Mais le journal Le Droit, via la plume de Philippe Orfali, révèle ce matin en exclusivité la vraie raison de cette suspension, citant des extraits d’un rapport interne, dont il a obtenu une copie:

«L’autoévaluation et des examinateurs externes décrivent des programmes profondément troublés. Même s’il est écrit sur un ton cordial, ce dernier rapport est dévastateur.»

«On a l'impression que ces «programmes» ne sont rien de plus que des expérimentations. Ils sont mal construits et portent atteinte à la réputation de l'Université.»

«Compte tenu de l’ampleur des difficultés auxquelles font face ces programmes, le comité en envisage la refonte complète – ou carrément leur abolition», commente le journaliste.

Arrimage avec le collégial

Entre autres critiques formulées dans le rapport, d’après M. Orfali, le très faible nombre de cours et de professeurs, l’absence de distinction entre les baccalauréats en communication et en journalisme et l’arrimage de l’Université avec la Cité collégiale.

Le département de communication de l’Université d’Ottawa offre en effet cette formation en collaboration avec le Collège Algonquin, pour le programme en anglais, et la Cité collégiale, pour le programme en français. Deux ans de collégial et deux ans à l’Université, qui peuvent être suivis dans un sens, comme dans l’autre. Sur la page web du baccalauréat en journalisme, il est fait mention que «le département assure la formation théorique, analytique et critique, alors que les partenaires collégiaux offrent la formation pratique.»

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En entretien avec Projet J, la directrice principale des communications de la Cité collégiale, Mona Fortier, précise que «si arrimage il y a, chaque établissement a cependant son propre programme et que les deux formations sont indépendantes. Ce ne sont pas tous nos étudiants en journalisme qui s’en vont ensuite au baccalauréat de l’Université d’Ottawa et vice versa.»

Pas d’impact sur la Cité collégiale

Toujours selon Mona Fortier, qui dit avoir été informée en février dernier de la suspension de session du côté de l’Université, les inscriptions au programme en journalisme iraient bon train, réfutant ainsi tout impact négatif de la suspension de la formation de l’Université d’Ottawa sur le volet collégial.

«Nous avons à ce jour 36 inscriptions pour la prochaine session. C’est plus que ce que nous pouvons accueillir, note-t-elle. Les professeurs font leur rentrée la semaine prochaine, ils décideront peut-être d’augmenter le nombre de places dans la cohorte. Mais rien n’est sûr.»

Une augmentation des inscriptions que Mona Fortier ne relie pas à la suspension du programme universitaire, mais plutôt à la qualité du programme collégial, qui a été complètement révisé il y a deux ans.

Questions en suspend

Une note sur le site internet de l’Université d'Ottawa explique cependant que son programme est en pleine restructuration et stipule que le parcours de la cohorte 2013-2014 devra obligatoirement commencer par les deux ans de collégial. Il n’est alors pas complètement inepte de faire le lien avec l’augmentation des demandes d’admission au niveau collégial.

Quoi qu’il en soit, plusieurs points restent à éclaircir dans ce dossier: pourquoi rien n’a pu être fait avant d’en arriver à devoir prendre la décision de suspendre le programme? Pourquoi cette suspension intervient seulement maintenant alors qu’en mai 2012, le comité demandait à ce qu’elle ait lieu «le plus tôt possible»? Qui en a pris la décision? Y aura-t-il une nouvelle cohorte l’an prochain? Vers quoi s’enligne la révision des programmes? Y-aura-t-il plus de cours? Plus de professeurs? L’arrimage avec le collégial pourrait-il être remis en cause?

Autant de questions que nous aurions voulu poser à un porte-parole de l’Université. Mais la directrice du département de communication, Martine Lagacé, en congé universitaire jusqu’en décembre mais ayant repris du service pour l’occasion, n’a pas répondu favorablement à notre demande d’entrevue à l’heure où nous publions.