Anabel Cossette Civitella débute son stage au Devoir ce matin. La jeune récipiendaire de la bourse AJIQ-Le Devoir va passer quatre semaines à la rédaction du quotidien de la rue de Bleury. Elle est la dixième à bénéficier de cette opportunité, résultat d’une entente intervenue entre l’Association des journalistes indépendants et Le Devoir au début des années 2000, pour faire cesser le conflit qui perdurait entre les deux parties concernant le respect des droits d’auteur.

Anabel Cossette Civitella débute son stage au Devoir ce matin. La jeune récipiendaire de la bourse AJIQ-Le Devoir va passer quatre semaines à la rédaction du quotidien de la rue de Bleury. Elle est la dixième à bénéficier de cette opportunité, résultat d’une entente intervenue entre l’Association des journalistes indépendants et Le Devoir au début des années 2000, pour faire cesser le conflit qui perdurait entre les deux parties concernant le respect des droits d’auteur.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Quatre jours avant son entrée en fonction, Anabel Cossette-Civitella avouait à Projet J ressentir un grand stress à l’idée de ne pas être à la hauteur.

«Ça représente beaucoup pour moi de travailler au Devoir parce que c’est sans doute le quotidien québécois avec lequel j’ai le plus de valeurs communes, raconte-t-elle. Même dans mes rêves les plus fous, je ne me voyais pas entrer un jour au Devoir. C’est un journal dont les articles résonnent bien avec ma personne, un journal qui me ressemble. Gagner cette bourse, ça a été une grande surprise et une immense joie. J’espère que ce sera une porte d’entrée pour continuer ensuite à la pige et m’inscrire dans le monde du journalisme. Je vais devoir à la fois faire mes preuves et tester mon intérêt pour le quotidien.»

Anabel n’est toutefois pas sans expérience. Elle a déjà travaillé quatre mois au Journal d Montréal à l’été 2012 et a passé les derniers mois au magazine L’autre part à Moncton. C’est également une grande année pour elle puisqu’après avoir reçu la bourse AJIQ-Le Devoir en avril, elle s’est vu attribuer la bourse Fernand Seguin, saluant le travail d’un journaliste scientifique.

Faire avec la crise

Des succès qu’elle attribue à la grande liberté dont elle jouit en tant que journaliste indépendante, statut qu’elle aimerait préserver au moins dans l’immédiat.

«J’aime l’idée d’être mon propre patron, explique-t-elle. J’ai toujours bien fonctionné avec ça. À l’école, j’ai toujours démarré mes propres projets. Avoir un patron, ça me parait limitant. En indépendante, je peux tout me permettre, je peux aller plus à fond dans les sujets qui me tiennent à cœur.»

Quant à la crise que traversent les médias et à son avenir dans le métier, elle préfère ne pas trop y penser.

«Sinon, je vivrais un stress permanent, précise-t-elle. C’est sûr qu’il n’y a peut-être pas de la place pour tous ceux qui sortent de l’école en journalisme. Alors les moins motivés bifurquent assez vite en communication. La crise est là, je ne le nie pas, ce serait difficile de fermer les yeux dessus tellement on se le fait dire. Mais il y a aussi des avenues où il y a de la place. J’ai travaillé plusieurs mois en Acadie, et là-bas, je peux vous dire qu’ils en cherchent des bons journalistes francophones. Je pense que pour qui accepte de sortir de Montréal, il y a de l’avenir.»

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Expertise en affaires internationales

Pour qui accepte de quitter Montréal et pour qui a également un bagage autre qu’une formation en journalisme. Car même si depuis qu’elle a créé et dirigé son propre journal au secondaire, Anabel savait qu’elle voulait devenir journaliste, elle n’a pas opté pour les études classiques, préférant s’arroger une expertise particulière, en l’occurrence en affaires internationales.

Un profil et un parcours qui ressemblent étrangement à ceux d’Amélie Daoust-Boisvert, elle-même récipiendaire de la bourse AJIQ en 2008 et aujourd’hui permanente au Devoir, spécialiste des questions scientifiques et de santé. Elle non plus n’était pas détentrice d’un baccalauréat en journalisme, mais plutôt en sciences.

«Quand je suis entrée dans la salle de nouvelles pour mon stage, je me pinçais, se souvient-elle. Avoir mon nom imprimé dans Le Devoir à 24 ans, c’était complètement fou. D’autant que nous sommes une toute petite équipe et que si on propose un bon sujet, on  peut très vite se retrouver en une. Ça a été mon cas. L’un des premiers articles que j’ai écrit s’est retrouvé en bas de la une!»

Un stage formateur

Quelques mois après son stage, Amélie s’est fait rappeler pour devenir surnuméraire et elle a obtenu sa permanence en février dernier.

«J’étais très journaliste indépendante dans l’âme, raconte-t-elle. Le Devoir, c’est la seule rédaction dans laquelle j’envisageais de travailler comme salariée. Depuis cinq ans que je suis là, je vois passer chaque année les récipiendaires de la bourse AJIQ. Tous ne souhaitent pas rester au Devoir. Mais c’est certain que ce stage est très formateur. Il te met tout de suite dans le bain. Parfois, tu dois écrire deux ou trois articles dans la journée!»

«Je ne me souviens plus dans le détail du dossier d’Annabel, poursuit celle qui était cette année membre du jury du prix AJIQ-Le Devoir. Mais j’ai apprécié son parcours atypique. Et je pense qu’elle peut bien se plaire au Devoir

Rectification: Anabel Cossette-Civitella a travaillé à l'Étoile à Moncton. L'autre part est en réalité son blogue perso.