Michel Cormier quittera la direction de Radio-Canada Acadie pour succéder à Alain Saulnier au poste de directeur général de l'information du réseau public à Montréal, le 10 avril. La société avait annoncé le départ de M.Saulnier hier.

Voir aussi: CBC/SRC: Louis Lalande remplace Sylvain Lafrance

2e Mise à jour 24/02/12 – 12h00

Michel Cormier quittera la direction de Radio-Canada Acadie pour succéder à Alain Saulnier au poste de directeur général de l'information du réseau public à Montréal, le 10 avril. «L'arrivée de Michel Cormier contribuera à donner une nouvelle impulsion à la transformation de l'information à Radio-Canada, amorcée avec l'intégration des Services français il y a six ans», indique la société publique par voie de communiqué.

Dans une note interne, le vice-président principal de Radio-Canada, Louis Lalande, s'engage à rencontrer les troupes d'ici deux semaines en compagnie de M.Cormier afin de répondre aux questions et d'engager une discussion au sujet de la «deuxième phase» de la transformation de l'information à Radio-Canada.

«Cette nouvelle phase de la transformation doit nous permettre une plus grande agilité afin de pouvoir répondre aux nouvelles attentes des citoyens et faire face aux défis de la fragmentation toujours grandissante des auditoires, et ce, dans le contexte financier que vous connaissez», explique-t-il. Il souligne que Radio-Canada doit «transformer [ses] façons de produire et de livrer [sa] couverture de l’actualité afin d’être encore plus réactifs et interactifs».

En poste en Acadie depuis juin 2011, Michel Cormier a notamment été correspondant de la SRC à Moscou, Paris et Pékin. La haute direction souligne qu'«au cours de sa carrière, tant au pays qu’à l’étranger, il a pu observer l’évolution de la couverture des nouvelles et des façons de faire en information partout dans le monde, lui donnant une perspective unique qui constitue un atout précieux». 

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23/02/12 – 16h40 

Le directeur de l'information de Radio-Canada, Alain Saulnier, quittera ses fonctions le 16 mars. Le vice-président principal de la société, Louis Lalande, en a fait l'annonce dans un bref communiqué de presse aujourd'hui.

La nouvelle a créé une onde de choc sur les réseaux sociaux ainsi que dans la salle de nouvelles de Radio-Canada où M.Saulnier était très apprécié. Il s'agit d' «un départ inattendu et incompréhensible», a twitté la journaliste Nathalie Collard, chroniqueuse média de La Presse, ajoutant que «le mariage Louis Lalande-Alain Saulnier n'a visiblement pas tenu». Le départ du grand patron de l'information sera en effet effectif deux mois jours pour jour après l'entrée en fonction officielle du remplaçant de Sylvain Lafrance.

Il ne s'agirait pas d'une démission, mais bien d'un congédiement. «Je regrette de vous laisser dans une telle tourmente, mais sachez que ce n’est pas mon choix», a en effet déclaré Alain Saulnier à ses employés dans une note interne peu après la diffusion du communiqué presse de la direction. Il écrit également: «Louis Lalande a décidé de procéder à la transformation de l'information avec une autre personne que moi». En signe de soutien, les artisans du Centre de l'information (CDI) se sont spontanément levés pour l'applaudir longuement, comme en témoigne une photo diffusée sur Twitter et la vidéo ci-dessous. Une pétition circulerait à l'interne pour contester son départ.

La Fédération professionnelle du Québec (FPJQ), qu'Alain Saulnier a présidé entre 1991 et 1997, a réagi promptement à la nouvelle, se disant «inquiète au plus haut point». «Ce départ aussi précipité qu'inexpliqué fait craindre le pire pour l'avenir du journalisme chez le diffuseur public», déclare-t-elle par voie de communiqué. Pour elle, cette «mise à la porte (…) prend les allures d'une première salve des conservateurs dans leur bataille pour réduire la taille, l'influence et le budget de Radio-Canada».

La fédération poursuit: «À la veille de compressions importantes à la SRC, la FPJQ craint plus que jamais qu'on saborde le mandat d'information du diffuseur public. La FPJQ se demande d'ailleurs si les attaques incessantes des conservateurs au pouvoir à Ottawa contre Radio-Canada, qu'ils tiennent responsable en partie de leurs insuccès électoraux au Québec, n'auraient pas un lien avec le départ forcé d'un défenseur de l'indépendance de la société d'État.»

Le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) se dit, pour sa part, «outré du congédiement d'Alain Saulnier», qui «s'est toujours battu pour l'indépendance de la salle des nouvelles». Dans un communiqué, le syndicat s'engage «à faire enquête pour découvrir les vrais motifs de ce congédiement qui se produit à la veille du dépôt du prochain budget fédéral où Radio-Canada sera fortement touché».

Alain Saulnier est entré à Radio-Canada en 1984. Avant de devenir directeur général de l'information en 2006, il a dirigé l'Information à la Radio française pendant sept ans. «Il a largement contribué à la tradition d'excellence et de qualité de l'information qui fait partie de l'ADN du diffuseur public», déclare Louis Lalande par voie de communiqué. «Sous sa direction, l'enquête journalistique à Radio-Canada a pris un essor remarquable et remarqué, créant un impact réel dans la vie sociale et démocratique de nos concitoyens.» En effet, «il a notamment été à l'origine de l'émission Enquête, dont l'équipe a déterré plusieurs scandales majeurs», souligne la FPJQ.

La nouvelle de son départ survient en même temps que Jean-François Lisée annonce avoir été lui aussi remercié par la SRC. Connu pour son engagement souverainiste, il ne participera plus à la table d'analystes politique du jeudi du Téléjournal de Radio-Canada. Sur son blogue, il explique que le réseau public a jugé qu'il n'avait plus sa place à cette table en raison de sa décision d’accepter d’être membre du Comité de Pauline Marois sur la stratégie souverainiste. «La pression que fait subir le gouvernement conservateur sur les budgets radio-canadien induit-elle aussi une prudence plus tatillonne?, s'interroge-t-il. C’est possible, mais difficile à déterminer. On sait, en tout cas, que l’atmosphère dans la maison est glauque, à l’approche de nouvelles compressions.»