Après Nouveau Projet, en kiosque depuis deux ans, et Inouï qui verra le jour au printemps, c’est au tour du webzine Planète F, de tenter l’aventure du sociofinancement. Ce magazine, cofondé par les journalistes indépendantes Mariève Paradis et Sarah Poulin-Chartrand, a pour objectif de parler aux familles, et de la famille, différemment.

Après Nouveau Projet, en kiosque depuis deux ans, et Inouï qui verra le jour au printemps, c’est au tour du webzine Planète F, de tenter l’aventure du sociofinancement. Ce magazine, cofondé par les journalistes indépendantes Mariève Paradis et Sarah Poulin-Chartrand, a pour objectif de parler aux familles, et de la famille, différemment.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Et la campagne Kickstarter va plutôt bien. À deux semaines de sa clôture, Planète F a déjà atteint 94% de son objectif, soit 9 430 $ sur les 10 000 escomptés.

«L’idée est née d’une frustration, raconte Mariève Paradis, par ailleurs présidente de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ). Avec Sarah, on se connaît depuis deux ans et lors de nos diners, on partageait souvent nos galères, les clients qui paient pas, les sujets qui nous tiennent à cœur et qu’on n’arrive pas à placer. Un soir, à la blague, Sarah a dit avoir l’impression que la seule solution serait finalement de créer son propre média… ce n’est tombée dans l’oreille d’une sourde!»

Deux ans plus tard, les deux jeunes mamans tentent donc l’aventure avec Planète F, un webzine famille, mais intelligent, fruit d’une autre frustration qu’elles partagent avec nombre de parents.

(2 paragraphes suivants modifiés)

«Aujourd’hui, les médias qui traitent de la famille s’adressent principalement aux mamans et les sujets tournent autour de la gestion du quotidien, des truc et astuces, des guides d’achats, estime Sarah Poulin-Chartrand. Je ne dis pas que ce n’est pas nécessaire. Mais j’aimerais qu’on me parle d’autre chose, qu’on me sorte de mon cocon.»

«Planète F s’adressera aussi aux pères, qui sont de plus en plus impliqués mais à qui on ne donne pas toujours assez de place au sein de la famille. Nous aurons d’ailleurs des collaborateurs qui sont eux-mêmes papas», ajoute Mariève Paradis.

Pas de la charité

«C’est comme si on considérait que lorsqu’on devient parent, on arrête de réfléchir et on ne devient plus que des consommateurs, ajoute Mariève Paradis. Au contraire, personnellement, depuis que je suis maman, je me pose beaucoup plus de questions sur les enjeux de société comme l’éducation, la santé, l’environnement, sur les questions politiques également. C’est l’avenir que nous éduquons. Il serait temps qu’on nous donne les clés pour bien le faire avec de vrais sujets de fond. Et c’est ce que nous proposons de faire.»

Pour cela, elles empruntent la voie que d’autres journalistes indépendants ont tracée avant elles, le sociofinancement. Cent quatre-vingt un bakers ont pour l’instant répondu présents, deux tiers faisant partie de leurs réseaux amicaux et sociaux, l’autre tiers étant inconnu de l’une comme de l’autre.

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«Ça fait plaisir de voir que nos connaissances nous soutiennent, avoue Sarah Poulin-Chartrand. Mais aussi que d’autres, qui ne font pas partie de nos réseaux, croient au projet. Car on ne demande pas la charité. En plus des récompenses comme une invitation au lancement ou à une rencontre éditoriale, nos soutiens souscrivent surtout à un pré-abonnement, explique-t-elle. Cet argent va nous permettre de bâtir la plateforme. Mais le sociofinancement, c’est aussi un moyen de se faire connaître. De créer une sorte de communauté autour de la marque.»

Une forme de liberté

C’est aussi un moyen de contourner le financement traditionnel, plus contraignant avec les taux d’intérêt et les remboursements à date fixe.

«Et puis, ne nous le cachons pas, tu te fais regarder drôle aujourd’hui quand tu vas voir une banque pour lui demander de l’argent pour créer un médias!», affirme Mariève Paradis.

Pour elles, le sociofinancement est donc une forme de liberté… même si la campagne est en elle-même un travail à temps plein… en plus de leurs autres activités professionnelles.

«Le succès tient au fait de la publiciser sur les réseaux sociaux et de parvenir à créer un sentiment d’appartenance parmi la communauté qui te soutient, affirme Sarah Poulin-Chartrand. Pour cela, il faut répondre à tous les bakers de manière personnalisée. Et convaincre ton réseau que le projet est intéressant.»

Une campagne qui devrait être une réussite, et même dépasser les attentes, puisque selon Kickstarter, un projet qui atteinte 80% de son objectif, a 95% de chances d’être un succès… d’autant que 30% environ du financement arrive dans les derniers jours. Quant au lancement, il est prévu pour le printemps prochain.

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