À peine a-t-elle quitté le port de Québec, que l’exposition du World Press Photo version 2014 ouvre ses portes à Montréal. Cette année encore, le marché Bonsecours accueille l’étape montréalaise de ce qui est considéré comme le plus grand événement photographique au monde. Les cent cinquante photos lauréates y sont présentées jusqu’au 28 septembre.

À peine a-t-elle quitté le port de Québec, que l’exposition du World Press Photo version 2014 ouvre ses portes à Montréal. Cette année encore, le marché Bonsecours accueille l’étape montréalaise de ce qui est considéré comme le plus grand événement photographique au monde. Les cent cinquante photos lauréates y sont présentées jusqu’au 28 septembre.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Au départ, ils étaient 5 800 compétiteurs issus de cent trente pays et ayant soumis pas moins de 98 000 photos… les cent cinquante meilleures, choisies par un jury composé de dix-neuf membres réunis à Amsterdam en février dernier, sont donc présentées au Marché Bonsecours, sur le Vieux-Port de Montréal, et ce jusqu’au 28 septembre prochain.

Parmi elles, la Photographie de l’année 2014, attribuée à l’Américain John Stanmeyer (Agence photo VII) pour le National Geographic. Elle montre les migrants africains sur la rive de Djibouti dans la nuit, levant leur téléphone portable pour tenter de capter le signal GSM peu coûteux de la Somalie voisine – un lien ténu avec les membres de leur famille à l’étranger.

«Je m’attendais à ce que la Photographie de l’année provienne de Syrie, ce fut une surprise de découvrir la puissante image de John Stanmeyer, commente le photographe et président du World Press Photo Montréal, Matthieu Rytz. Son évocation emblématique touche l’une des plus importantes problématiques humaines: la migration, un phénomène universel et intemporel systématiquement lié aux problématiques frontalières, à la guerre, à la pauvreté, aux famines et aux catastrophes environnementales. Avec le choix de cette image, le jury du World Press Photo a préféré appréhender l’humanité dans sa globalité plutôt que de mettre l’accent sur la nouvelle quotidienne.»

Aussi présent à Montréal, le photographe français William Daniels. Particulièrement sensible aux enjeux sociaux et humanitaires de la planète, il a parcouru l’Afrique, couvert le tsunami en Asie du Sud-est et le séisme en Haïti, et sillonné certaines zones de conflits comme la Libye, le Kirghizistan ou la République centrafricaine. C’est une série de douze photos prises pour le magazine Time dans ce dernier pays, qui lui vaut d’ailleurs son prix cette année dans  la catégorie «General News».

«En 2013, les violences ont fait de nombreux déplacés dans la capitale et en province, et une crise humanitaire à très grande échelle s’est installée», rappelle celui qui a également réalisé pour Oxfam-Québec les photos présentées sur la mezzanine de la salle de la Commune du Marché Bonsecours.

«Ces derniers temps, mes séjours en Afrique m’ont amené vers des destinations difficiles, voire en crise, où le sous-développement était un des facteurs principaux d’instabilité, explique-t-il. Alors, arriver au Bénin, à Cotonou, et découvrir le programme d’Oxfam d’accompagnement des microentreprises, a été pour moi une véritable bouffée d’oxygène et d’optimisme. Voilà une Afrique dont on ne parle peut-être pas assez, une Afrique qui bouge, qui va de l’avant! Je suis très heureux d’avoir amené, à Montréal, un petit bout de cette Afrique-là.»

Cette exposition est aussi l’occasion de mettre le focus sur la profession même de photoreporter, métier malmené par la crise qui frappe les médias. D’où l’organisation de plusieurs événements. Le premier a d’ailleurs lieu dès ce soir au Centre Phi, et prend la forme d’une discussion publique animée par Dennis Trudeau.

Quels sont les rôles et responsabilités des photographes éditeurs dans la sélection des images qu’ils choisissent de publier? Un photographe doit-il tout photographier et les éditeurs, tout montrer? Dennis Trudeau, Marie Sumalla, juré du World Press Photo 2014 et éditrice photo au quotidien Le Monde, Matthieu Rytz , William Daniels, ainsi que Martin Tremblay, directeur photo au quotidien La Presse, partageront leur réalité, leurs réflexions et leurs questionnements sur ces sujets et enjeux qui façonnent chaque jour l’actualité nationale et internationale.

Au Marché Bonsecours du 27 aout au 28 septembre 2014.

Tous les jours de 10 heures à 22 heures. Nocturnes les jeudis, vendredis et samedis jusqu’à minuit.

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