En imaginant un laboratoire multidisciplinaire où se rencontrent le journalisme, les relations publiques, le design, la télévision, la production, les médias interactifs et l’organisation d’événements, l’École de communications Urbania se veut novatrice et ambitieuse. Depuis le 7 janvier dernier, dix étudiants de l’UQAM font un pied de nez aux traditions de stages en vivant une expérience peu commune.  

En imaginant un laboratoire multidisciplinaire où se rencontrent le journalisme, les relations publiques, le design, la télévision, la production, les médias interactifs et l’organisation d’événements, l’École de communications Urbania se veut novatrice et ambitieuse. Depuis le 7 janvier dernier, 10 étudiants de l’UQAM font un pied de nez aux traditions de stages en vivant une expérience peu commune.  

Par Samuel Larochelle

« L’idée mijotait dans nos têtes depuis longtemps, affirme Catherine Perreault-Lessard, rédactrice en chef du magazine Urbania. Il y a quelques années, le magazine Colors a mis sur pied l’école La Fabrica, qui reçoit 40 des meilleurs designers de la relève pour travailler sur le contenu du magazine et sur des projets de publicités pour des organismes à but non lucratif. Au printemps passé, quand Urbania s’est associé au projet sur la grève étudiante de l’École de la Montagne Rouge, on a travaillé avec 12 bacheliers en design graphique de l’UQAM. Ils avaient plein de bonnes idées, et tout semblait permis en les écoutant. À ce moment-là, on s’est dit qu’on devait aller de l’avant avec notre école. »

 

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D’ici à la fin avril, les stagiaires devront réaliser un mini-Urbania d’une douzaine de pages ayant pour thème l’école, en plus de participer à la planification et à la réalisation du numéro prévu à l’automne 2013. « On veut qu’ils nous présentent des idées qui peuvent se décliner sur plusieurs plateformes, comme un blogue, une émission de web télé ou dans le design d’un événement. On les encadre, mais c’est à eux de nous faire des propositions. C’est carrément de l’apprentissage expérimental et ils ont le droit de se planter. »

Quand est venu le choix de sélectionner les candidats, Urbania avait carte blanche. « On ne voulait pas nécessairement des étudiants avec une moyenne de A+, mais plutôt des touche-à-tout avec de l’humour, de la créativité et de la débrouillardise. Des candidats qui veulent mettre en valeur des sujets qu’on ne voit pas dans les autres médias, et qui savent raconter des histoires, un peu comme les Américains le font souvent. »

Malgré l’intérêt notable des stages offerts par Urbania, il s’en trouve pour critiquer le fait que les étudiants investiront chacun 140 heures dans l’aventure, alors que le magazine est reconnu pour ne pas rémunérer en argent plusieurs de ses collaborateurs (journalistes ou photographes). « Les stages rémunérés dans le milieu des communications sont très rares, et ce n’est pas comme s’ils travaillaient gratuitement pour notre magazine, explique la rédactrice en chef. S’ils n’étaient pas là, le mini-Urbania n’existerait pas. C’est leur projet. »

À ce sujet, la directrice de la division de la promotion institutionnelle du Service de communications de l’UQAM, Nathalie Benoit, affirme que l’université n’a pas à juger des façons de faire d’Urbania et que le programme était clairement affiché comme une expérience non rémunérée. « À nos yeux, l’École Urbania peut être considérée comme un stage. Les directeurs des différents programmes concernés étaient en accord avec le projet et les étudiants étaient libres de participer ou non. La formule permet de faire valoir leurs talents dans plusieurs domaines et les pousse à collaborer entre eux. On trouve l’idée très, très intéressante. »

Catherine Perreault-Lessard ajoute qu’un stage demande autant d’implication des étudiants que de ceux qui les supervisent. « L’école Urbania n’est pas une façon de profiter de la relève. On veut former les étudiants et partager notre vision avec eux. Ils viennent apprendre auprès des mentors de l’équipe Urbania. Notre proposition est très noble. »