«Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d'enseignement.» C'est l'article 12.4 de la Déclaration universelle des droits de la personne par les religieux du monde discutée hier à Montréal dans le cadre de la «Deuxième conférence mondiale sur les religions du monde après le 11 septembre 2001». Pour Point de Bascule, «cette Déclaration absout à l’avance toutes les religions de quelque critique que ce soit» et aboutira à la censure des médias et des milieux académiques.

«Chacun a le droit que sa religion ne soit pas dénigrée dans les médias ou dans les maisons d'enseignement.» C'est l'article 12.4 de la Déclaration universelle des droits de la personne par les religieux du monde discutée hier à Montréal dans le cadre de la «Deuxième conférence mondiale sur les religions du monde après le 11 septembre 2001». Pour Point de Bascule, «cette Déclaration absout à l’avance toutes les religions de quelque critique que ce soit» et aboutira à la censure des médias et des milieux académiques.

Avec l'appui d'une douzaine d'intellectuels, dont le secrétaire général du Congrès musulman canadien Tahir Aslam Gora et l'écrivain Tarek Fatah, l'organisme voué à la défense des libertés par l'éducation sur la menace de l'islamisme estime que si le principe défendu dans ce document «devait être adopté et codifié sous forme de loi, cela ouvrirait la porte à d’innombrables poursuites judiciaires pour blasphème et autres motifs, car il suffirait d’affirmer qu’une critique de la religion constitue un dénigrement pour poursuivre en justice».

La Déclaration universelle des droits de la personne par les religieux du monde est en droite ligne avec la Déclaration sur les droits de l'homme en islam promue par l'Organisation de la coopération islamique. Celle-ci stipule que «Tout homme a le droit d'exprimer librement son opinion pourvu qu'elle ne soit pas en contradiction avec les principes de la Charria». Ni l'une ni l'autre n'a actuellement force de loi en occident. Cependant, en juillet, la Secrétaire d'État américaine Hilary Clinton a rencontré l’Organisation de coopération islamique à Istanbul, afin que l'article 12.4 sur la diffamation des religions devienne une loi effective dans les pays signataires de la Déclaration des droits de l’Homme.

Le Comité des droits de l'Homme de l'Organisation des Nations Unies (ONU) estime que la liberté d'expression garantie à l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques est un métadroit qui constitue le fondement de tous les droits humains. Il protège donc le droit de critiquer les religions et les dirigeants religieux, et de leur manifester de l'irrespect. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a donc adopté la Déclaration universelle des droits de la personne par les religieux du monde en avril dernier.

Mais, le chroniqueur Richard Martineau du Journal de Montréal, connu pour ses prises de position contre le monde religieux, s'inquiète. «On est en train de s’en faire passer une p’tite vite, les amis… Bientôt, on ne pourra plus RIEN dire contre les religions», écrit-il. Le professeur Pierre Trudel, du Centre de recherche en droit public de la Faculté de droit de l'Université de Montréal, voit également le document d'un mauvais œil. «Dans beaucoup de milieux, la liberté d'expression passe bien après les autres droits. Lorsqu'on voit de quelle façon est comprise la notion de dénigrement chez certains, il y a de quoi s'inquiéter», note-t-il.

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