Lundi, un mois jour pour jour après le départ de Roland-Yves Carignan, Marie-Andrée Chouinard s’est installée dans le fauteuil lancé vacant. Elle devient ainsi la nouvelle directrice de l’information du Devoir, journal au sein duquel elle a fait toute sa carrière. Son credo? Le terrain. C’est là que les journalistes doivent se trouver selon elle, même si les nouvelles technologies et autres réseaux sociaux les en ont détournés ces dernières années.

Lundi, un mois jour pour jour après le départ de Roland-Yves Carignan, Marie-Andrée Chouinard s’est installée dans le fauteuil lancé vacant. Elle devient ainsi la nouvelle directrice de l’information du Devoir, journal au sein duquel elle a fait toute sa carrière. Son credo? Le terrain. C’est là que les journalistes doivent se trouver selon elle, même si les nouvelles technologies et autres réseaux sociaux les en ont détournés ces dernières années.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

«Le Devoir, c’est ma maison!», lance celle qui y est entrée en 1996, d’abord comme surnuméraire, puis vigile, reporter aux informations générales, à la culture, chroniqueuse éducation pendant hui ans, éditorialiste pendant cinq ans, avant d’accepter un premier poste de direction l’an dernier en tant que chef de division, section générale.

«À l’époque, j’ai réfléchi longuement lorsque cette proposition m’a été faite, avoue-t-elle. Je suis une journaliste de terrain. J’avais peur d’être coupée de ma passion première. J’ai fini par sauter et je me suis plongée avec enthousiasme dans ce nouveau défi. Puis, j’ai eu la surprise d’aimer cette facette du métier. La fabrication, les réunions de discussion pour déterminer ce que l’on met en une, pour planifier les futurs dossiers, etc. Si je n’avais pas goûté à cette étape, jamais je n’aurais tenté ma chance lorsque le poste de directeur de l’information a été affiché.»

Marie-Andrée Chouinard assure l’intérim depuis trois semaines, mais n’est entrée en poste officiellement que lundi. Au jour 3, difficile pour elle de déterminer la touche personnelle qu’elle apportera à la fonction. Mais une chose est sure selon elle, ses journalistes doivent être sur le terrain.

«Je vais vouloir rappeler que les histoires se trouvent sur le terrain, assure-t-elle. Les reporters doivent sortir. Nous avons tous pris un  mauvais pli avec l’arrivée des nouvelles technologies, de l’internet et des réseaux sociaux. Nous devons retourner sur le terrain pour tendre l’oreille et le micro. Ce sera la teneur de mes propos lorsque je vais m’adresser à mon équipe.»

Fini le terrain?

Sur le terrain, Marie-André Chouinard y a passé toute sa carrière. Bien que chef de division, c’est elle qui a couvert les premiers jours de la tragédie de Lac-Mégantic cet été.

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«Une expérience journalistique marquante, raconte-t-elle. À mon retour, j’étais hantée. Je pense que tous les reporters qui sont passés par là garderont ces moments en mémoire. Pour quelqu’un qui aime le terrain, c’était tout aussi fascinant que troublant et bouleversant.»

Une aventure qu’elle a d’ailleurs relatée avec émotion dans un article paru dans les pages du Devoir, plusieurs semaines après le drame.

Mais du terrain, elle sait qu’elle n’aura plus le temps d’en faire à compter d’aujourd’hui. Trop de dossiers à gérer, trop de décisions à prendre à la minute. Même si la réflexion autour du virage numérique que doit prendre le journal dans les prochains mois ne relève pas de ses fonctions, il faudra aussi qu’elle gère la mise en place de la nouvelle organisation du travail lorsque les décisions seront prises.

Alors va-t-elle parvenir à renoncer à écrire? «Je n’ai jamais eu de réel plan de carrière, répond-elle. Je fonctionne plutôt à l’instinct, je prends les occasions qui se présentent. Bien sûr que j’écrirai de nouveau, mais je ne sais pas pour l’instant dans quel contexte. Chaque chose en son temps!»

Quant à son ancien poste de chef de division, il a été affiché en interne et sera pourvu dans les prochaines semaines.

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