Après plus de vingt ans d’absence, Radio-Canada rouvre son bureau au Moyen-Orient et c’est Marie-Ève Bédard qui en aura les clés. La journaliste et réalisatrice devient à compter de la rentrée, correspondante multiplateforme dans cette région du monde en pleine ébullition. Depuis Beyrouth, elle aura la charge d’éclairer auditeurs, internautes et téléspectateurs sur les suites du printemps arabe, le conflit en Syrie ou encore le processus de paix israélo-palestinien. Dans la foulée, la SRC a également annoncé la nomination de deux autres correspondants à Washington et Pékin.

Après plus de vingt ans d’absence, Radio-Canada rouvre son bureau au Moyen-Orient et c’est Marie-Ève Bédard qui en aura les clés. La journaliste et réalisatrice devient à compter de la rentrée, correspondante multiplateforme dans cette région du monde en pleine ébullition. Depuis Beyrouth, elle aura la charge d’éclairer auditeurs, internautes et téléspectateurs sur les suites du printemps arabe, le conflit en Syrie ou encore le processus de paix israélo-palestinien. Dans la foulée, la SRC a également annoncé la nomination de deux autres correspondants à Washington et Pékin.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Dès la fin août, Yanik Dumont Baron déménagera de Toronto à Washington où il deviendra correspondant pour la radio. Quant à Yvan Côté, il partira pour Pékin, d’où il couvrira la Chine et l’Asie du sud-est pour toutes les plateformes de la SRC, mais en français seulement.

«La nouveauté, explique Michel Cormier, directeur général de l’information à Radio-Canada, c’est qu’il sera vidéoreporter. Il fera ses images, son montage et nous livrera des reportages clés en main.»

Mais la plus grande nouveauté encore, c’est la réouverture du poste de correspondant au Moyen-Orient. Correspondante en l’occurrence puisque c’est Marie-Ève Bédard qui s’envolera pour Beyrouth à la fin de l’été.

«Je suis très emballée, lance-t-elle en entrevue à Projet J. Même si ça donne un peu le vertige. Ça va être un gros boulot, il y a tellement de dossiers dans la région.»

De Tel-Aviv à Beyrouth

Priorité sera donnée aux suites du printemps arabe. L’Égypte de l’après Morsi sera un stop obligé. Le conflit syrien également, et les répercussions qui commencent à se faire sentir au Liban jusque dans sa capitale Beyrouth, ville dans laquelle le bureau s’installera.

«Mais nous allons rayonner dans toute la région, ajoute Mme Bédard. Si le processus de paix israélo-palestinien redémarre, nous le couvrirons. J’aimerais également retourner en Irak: ça peut être intéressant de voir comment la situation évolue depuis le départ de l’armée américaine… alors même que les troupes de l’OTAN doivent quitter l’Afghanistan en 2014.»

Le bureau autrefois basé à Tel-Aviv s’installe donc à Beyrouth, principalement pour des raisons logistiques.

«Il n’est pas toujours facile de quitter Tel-Aviv pour se rendre dans un pays arabe. Et encore moins d’y revenir, estime Michel Cormier. Au Liban, il y a tout ce qu’il faut au niveau des nouvelles technologies, la connexion est bonne et de nombreux experts sur le Moyen-Orient s’y trouvent, qui plus est, souvent francophones.»

Plus de dossiers dans les téléjournaux

Ces  trois nominations font monter à sept le nombre de correspondants de Radio-Canada à l’étranger. Huit en janvier puisqu’un autre bureau ouvrira à Rio (Brésil) à l’occasion de l’organisation de la Coupe du Monde de soccer l’an prochain, puis des Jeux Olympiques en 2016. Trois autres journalistes, Sophie Langlois, Jean-Michel Leprince et Luc Chartrand, tout trois anciens correspondants à l’étranger, pourront également depuis Montréal, ou au cas par cas sur le terrain, couvrir des sujets internationaux. De quoi faire taire ceux qui affirment que Radio Canada a l’intention de moins couvrir l’actualité internationale, espère Michel Cormier.

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«Nous avons pris la décision d’arrêter Une heure sur terre avec grands regrets, assure-t-il. Nous n’avions pas le choix dans le contexte de restriction budgétaire. Nous allons nous concentrer sur l’information plus rapide, plus chaude, plus proche de l’actualité, moins magazine, moins découverte. Ainsi, les téléjournaux consacreront plus de temps aux grands dossiers internationaux et les correspondants pourront également intervenir en journée en cas de besoin.»

Dans sa nouvelle émission hebdomadaire, Anne-Marie Dussaud pourra aussi consacrer des dossiers à l’international. Tout comme le magazine Enquête, qui sur la lancée de ce qui s’est déjà fait la saison dernière, pourra investiguer à l’étranger.

Polyvalence et réactivité

Michel Cormier souhaite rendre l’information internationale plus réactive et il n’exclut pas que les bureaux changent de pays en fonction des exigences de l’actualité. Une réactivité et une polyvalence qui a également compté au moment de choisir les correspondants, notamment dans le cas de Marie-Ève Bédard.

«C’est la journaliste toute désignée pour ce poste, affirme-t-il. Elle a été réalisatrice, est journaliste depuis plusieurs années. Elle connaît bien la région, est allée sur des terrains difficiles, en Tchétchénie, en Irak. Au printemps, elle a réussi à se procurer les visas pour aller à Damas. En Géorgie, quand nous nous sommes fait voler notre voiture et notre matériel, c’est elle qui a convaincu les ravisseurs de nous laisser une partie de notre équipement pour que nous puissions faire notre travail. Elle fait preuve de beaucoup de sang froid, elle a le sens du terrain, elle travaille dans les deux langues, sait filmer, monter. Elle aura un caméraman avec elle, mais dans une optique multiplateforme, c’est aussi un atout.»

Une optique multiplateforme que Marie-Ève Bédard accueille comme un défi.

«C’est énorme!, lance-t-elle. Je ne pourrai pas toujours tout faire en même temps d’autant qu’il ne s’agit pas de copier-coller mais plutôt de trouver des contenus adaptés à chacune des plateformes», précise celle qui ne semble pas appréhender le fait d’être une femme journaliste au Moyen-Orient.

«J’y voyage beaucoup depuis des années, raconte-t-elle. C’est certain qu’une femme, ce n’est jamais pareil qu’un homme. Ça crée des différences, mais ce n’est pas forcément un désavantage. Il y aussi des gens qui parlent plus facilement aux femmes. Ce n’est pas une inquiétude que j’ai.»

Précision, mardi 23 juillet 17h20: C'est la télévision de la SRC qui n'avait pas de correspondant permanent pour le Moyen-Orient depuis une vingtaine d'années. Ginette Lamarche était correspondante pour la radio jusque tout récemment. Elle est aujourd'hui rentrée à Montréal. Marie-Ève Bédard sera correspondante multiplateforme.

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