Le dossier Mélissa François gonfle. La direction de TVA a suspendu pour une durée de trois mois le président du syndicat des employés de TVA, Réjean Beaudet, un mois après qu'il ait publiquement réclamé le retour à l'antenne de la journaliste. Celle-ci n'a pas été revue à l'écran depuis qu'elle a annoncé par erreur la mort de Kim Jong-Deux plutôt que celle de Kim Jong-il, le 18 décembre au soir.

Le dossier Mélissa François gonfle. La direction de TVA a suspendu pour une durée de trois mois le président du syndicat des employés de TVA, Réjean Beaudet, un mois après qu'il ait publiquement réclamé le retour à l'antenne de la journaliste. Celle-ci n'a pas été revue à l'écran depuis qu'elle a annoncé par erreur la mort de Kim Jong-Deux plutôt que celle de Kim Jong-il, le 18 décembre au soir.

Pour le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), auquel sont affiliés les syndiqués de TVA, suspendre sans salaire M.Beaudet, lui interdire l'accès aux bureaux et l'empêcher d'exercer ses activités syndicales contrevient au droit à la représentation syndicale et à la liberté d'association. Le syndicat a donc déposé une plainte de pratiques déloyales au Conseil canadien des relations industrielles. Il a demandé une audition d'urgence pour que le dossier soit traité dans les prochains jours.

Selon l'article 14 du Code du travail, un employeur ne peut sanctionner un employé ou chercher à l'intimider sous prétexte qu'il exerce un droit protéger par ledit code. Cependant, cet article «n'a pas pour effet d'empêcher un employeur de suspendre, congédier ou déplacer un salarié pour une cause juste et suffisante dont la preuve lui incombe». La direction de TVA estime justement que M. Beaudet a «dépassé l’exercice normal d’activités syndicales et a fait fi de son devoir de loyauté à l’employeur».

Selon le président et chef de la direction de Groupe TVA, Pierre Dion, les déclarations publiques de M.Beaudet au sujet du dossier de Mme Mélissa François ont porté atteinte à la crédibilité et à l'intégrité de la chaîne. TVA n'a particulièrement pas aimé que le syndicat dénonce publiquement «une incapacité chronique de TVA Nouvelles à donner une juste part de temps d’antenne à des journalistes issus de minorités visibles ou culturelles». Pour la direction , il s'agit d'«injustifiables allégations de racisme (…) s’attaquant à la réputation irréprochable de l’entreprise en matière de relations avec les communautés culturelles du Québec».

Le secrétaire général du SCFP et ancien président du syndicat des travailleurs du Journal de Québec, Denis Bolduc, déplore que l'on soit «en train de faire quelque chose d'épouvantable avec un événement qui, bien que non souhaitable, est pour le moins banal». Il souligne que les erreurs comme celle qu'a commise Mme François font partie du quotidien des journalistes dans tous les médias. Comme le sfaisait remarquer le chroniqueur média du Devoir, Stéphane Baillargeon, il y a quelques jours, «s'il avait fallu congédier les lecteurs émérites Pierre Bruneau ou Bernard Derome à chacune de leurs erreurs».

Toujours en arrêt de travail sur recommandation de son médecin, Mme François demeure discrète. Dans ses démarches pour la défendre, le syndicat a déposé trois griefs contre l'employeur. Néanmoins, il lui a recommandé de refuser la semaine dernière une invitation à l'émission dominicale de Radio-Canada, Tout le monde en parle, conseil qu'elle a suivi. «La partie syndicale était convaincue que ce geste de bonne volonté allait amorcer l'atterrissage en douceur attendu par tout le monde», souligne Denis Bolduc.

 

Voir aussi:

Le syndicat de TVA réclame le retour de Mélissa François

Mélissa François: la direction de TVA répond au syndicat

 

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