Après Dominique Payette et ses co-chercheures en 2011, l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) a remis cette année son prix reconnaissance à Pierre Sormany pour sa contribution significative, tout au long de sa carrière, au dynamisme du journalisme indépendant. Nous publions aujourd'hui l'hommage que lui a livré la vice-présidente de l'association, Mariève Paradis, hier soir lors du gala des Grands prix du journalisme indépendant.

Par Mariève Paradis, vice-présidente de l'AJIQ

Après Dominique Payette et ses co-chercheures en 2011, l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) a remis cette année son prix reconnaissance à Pierre Sormany pour sa contribution significative, tout au long de sa carrière, au dynamisme du journalisme indépendant. Nous publions aujourd'hui l'hommage que lui a livré la vice-présidente de l'association, Mariève Paradis, hier soir lors du gala des Grands prix du journalisme indépendant.

Plusieurs générations d'étudiants en journalisme le connaissent pour son livre Le métier de journaliste, la bible du journaliste qui en est à ses balbutiements. Récemment édité pour une troisième fois, cet ouvrage s’adapte au gré de l’évolution des médias, tout comme son auteur.

Pierre Sormany pratique le journalisme depuis plus de 40 ans. Quand on s’assoit quelques minutes pour discuter de journalisme indépendant avec lui, sa mémoire encyclopédique impressionne et nous ramène aux aurores de l’AJIQ. À l'époque, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) est un regroupement de tous les syndicats qui représentent des journalistes au Québec. Pour adhérer à la FPJQ, d’autres professionnels de l’information, dont les journalistes indépendants, créent le Regroupement des journalistes du Québec (RJQ). Au début des années 1980, Pierre Sormany suggère de doter les pigistes d'une représentation distincte au RJQ. L'idée ne décollera pas tout de suite, mais mènera éventuellement à des «États généraux de la pige» à la FPJQ. L'AJIQ naîtra officiellement en 1988 à la suite d'efforts de pionniers, dont Pierre Sormany et André G. Côté. Pierre Sormany obtiendra également, toujours au sein de la FPJQ, une assurance collective pour les pigistes.

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Il a lui-même travaillé à la pige pendant des années. Selon lui, la pige doit être vue comme un mode de vie et non comme un passage obligé en attendant d’avoir une «vraie job». C’est d’ailleurs ce qu’il répète à tous les étudiants qui passent sur les bancs de l’Université de Montréal, au certificat en journalisme. Pierre Sormany est d’ailleurs, bien malgré lui, un professeur vedette de ce programme où il enseigne le journalisme depuis 1979. Il n’aimera pas le terme «vedette», mais que dire d’autre d’un enseignant très aimé par toutes les cohortes qu’il a croisées? Il marque les consciences, stimule l’esprit critique et inspire ses étudiants. Tous se souviennent de lui des années après avoir terminé le certificat. Son dévouement dépasse même la salle de classe, puisqu’il reste disponible pour ses anciens étudiants lorsqu’ils ont besoin de conseils au début de leur carrière.

Patron hors pair dont le travail est synonyme de rigueur, il guide ses journalistes à travers des reportages qui ont marqué l’excellence du journalisme québécois. Il a fait sa marque pendant plus de vingt ans à Radio-Canada, tout d’abord comme journaliste. Il est à l’origine des émissions l’Épicerie et Découverte, où il a été rédacteur en chef. À la tête des émissions d’affaires publiques et de l’unité d’enquêtes à la télévision de Radio-Canada pendant deux ans, il a fait trembler les assises du domaine de la construction et de différents paliers gouvernementaux. Plus récemment nommé directeur général des éditions Vélo-Québec, il continue son travail de leader dans la qualité du journalisme magazine.

À l’aube d’un anniversaire important de l’AJIQ, qui fêtera ses 25 ans en 2013, la contribution de Pierre Sormany – en tant que militant, journaliste, patron de presse, professeur, critique et encyclopédie de l’histoire des médias – devenait inévitable à souligner.

C’est pourquoi l’AJIQ vous remercie, M. Sormany, pour vos nombreuses années à inspirer la majorité, voire la totalité des journalistes présents ici ce soir, en vous remettant le Grand prix Reconnaisance 2012!