L’émission Médium Large a dû émettre un rectificatif la semaine dernière après avoir reçu deux plaintes concernant un extrait diffusé le 5 mars. L’un des plaignants n’a pas été satisfait de la mise au point, mais l’ombudsman de Radio-Canada vient de rejeter sa plainte.  

 

L’émission Médium Large a dû émettre un rectificatif la semaine dernière après avoir reçu deux plaintes concernant un extrait diffusé le 5 mars. L’un des plaignants n’a pas été satisfait du correctif, mais l’ombudsman de Radio-Canada vient de rejeter sa plainte.  

Le 5 mars, la collaboratrice Khady Beye avait évoqué une controverse concernant l’injection d’un contraceptif à des femmes éthiopiennes à leur insu par le gouvernement israélien. Elle s’appuyait alors sur des articles publiés dans Le Point, Slate Afrique et Jeune Afrique. 

« Or, d'autres articles donnent, eux, une image différente de cette situation, indique-t-on dans le rectificatif mis en ligne jeudi dernier. Selon, entre autres, l'agence de presse Reuters, la BBC et le site Israël-Infos, les autorités israéliennes ont nié avoir mis en place des politiques visant à contrôler les taux de naissance chez les immigrées éthiopiennes. La BBC rapporte d'ailleurs qu'Israël aurait l'intention de créer un comité d'enquête composé de responsables du ministère de la Santé, d'un médecin indépendant et d'un représentant de la communauté israélo-éthiopienne, afin de confirmer que la politique de contraception forcée n'aurait jamais existé.»

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Il est assez rare que la radio doive émettre des correctifs, surtout en dehors des bulletins de nouvelles.

L’une des plaintes émanait du militant pro-israélien David Ouellette. Celui-ci n’a pas été satisfait du correctif apporté par Médium Large et s’est tourné vers le bureau de l’ombudsman, Pierre Toureangeau.

Dans sa décision rendue jeudi, il a rejeté les arguments de David Ouellette, estimant que l’émission a respecté les Normes et pratiques journalistiques en apportant un rectificatif. Le titre de sa décision, «Rectifier? Ou s’autoflageller?» est d'ailleurs très révélateur.

La décision est intéressante à lire afin de comprendre le processus menant à la publication d'un rectificatif dans les médias, de même que la portée de l'erratum. « Toutefois, il n’est pas nécessaire qu’un correctif prenne la forme d’une séance d’autoflagellation publique pour remplir son rôle; je considère aussi que les précisions de Mme Beye font clairement état de plusieurs des informations et points de vue que M. Ouellette lui reproche d’avoir omis lors de sa chronique du 5 mars, écrit M. Tourangeau. Je comprends que, pour le plaignant, les articles cités par la journaliste le 5 mars étaient erronés, mais c’est matière à opinion. »