La nomination de Dominique Payette en tant que membre du Conseil d’administration de Télé-Québec au printemps est passé presqu’inaperçue. Dans son rapport sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec, publié en février 2011, la professeure au département communications de l’Université Laval appelait l’État à mieux financer la chaine publique, afin qu’elle puisse jouer pleinement son rôle de garante de la diversité des voix, notamment régionales.

La nomination de Dominique Payette en tant que membre du Conseil d’administration de Télé-Québec au printemps est passé presqu’inaperçue. Dans son rapport sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec, publié en février 2011, la professeure au département communications de l’Université Laval appelait l’État à mieux financer la chaine publique, afin qu’elle puisse jouer pleinement son rôle de garante de la diversité des voix, notamment régionales.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

En entrevue à Projet J  ce matin, Dominique Payette explique qu’elle terminait son mandat au Conseil d’administration du Conseil des arts et des lettres du Québec lorsqu’on lui a demandé de rempiler, cette fois au CA de Télé-Québec.

«C’est une proposition du cabinet du ministère de la culture et des communications, explique-t-elle. La décision a ensuite été entérinée par le Conseil des ministres le 1er mai dernier. Le fait d’avoir marqué un intérêt pour Télé-Québec dans mon rapport sur l’avenir du journalisme y est sans doute pour beaucoup.»

Dans le rapport intitulé l’information au Québec, un intérêt public, Mme Payette consacre en effet trois recommandations à la chaine publique. Elle préconise d’abord l’augmentation du budget de Télé-Québec de manière substantielle dès que les finances publiques le permettront.

«La chaine fonctionne aujourd’hui avec le même budget qu’en 1982, regrette-t-elle. C’est bien mois que lorsque j’y étais moi-même, dans les années 90.»

Plateforme web d’informations interrégionales

Car il s’agit en fait d’un retour pour Dominique Payette, qui a animé durant trois ans Première ligne, une émission hebdomadaire d’une heure, qui décryptait les décisions politiques prises à Québec et cherchait à savoir quelles conséquences elles auraient en région.

«Nous avons arrêté faute de finances, raconte-t-elle. C’est très cher de garder des équipes en région, mais je suis très inquiète à l’idée que Télé-Québec ne puisse plus soutenir son réseau local.»

Les deux autres recommandations vont d’ailleurs dans ce sens. Il s’agit d’une part de doter Télé-Québec d’un mandat d’information axée sur les nouvelles régionales et interrégionales, et d’autre part, de financer un projet de réseautage de l’information produite par les médias communautaires, coopératifs et indépendants sur le site web de Télé-Québec. Plateforme qu’elle espérait voir lancée en septembre 2012.

Or, Dominique Payette se retrouve aujourd’hui sur deux comités au sein du Conseil d’administration, le premier planchant sur l’éthique et la gouvernance, le deuxième sur l’axe régional.

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Tenue à la confidentialité, Mme Payette n’en révélera pas plus sur les travaux de ce comité région, qui vient tout juste d’être créé.

10 millions en 2014?

Dans la foulée de la publication du rapport Payette, la réflexion autour de la mise en place de la plateforme web d’informations interrégionales a démarré à Télé-Québec, pilotée par la PDG Micheline Fortin elle-même. En février 2012, celle-ci affirmait vouloir créer «à partir des nouvelles régionales, une information nationale complétée par les informations des organismes régionaux, des ministères décentralisés, des organismes culturels et éducatifs, et des chroniqueurs régionaux. Nos bureaux régionaux seraient dotés de rédacteurs en chef, qui assureraient la coordination et la vitalité pour chaque région» ajoutait-elle.

Un an plus tard, le ministre de la culture et des communications Maka Kotto assurait que les 10 millions de dollars promis par le Parti Québécois durant la campagne électorale, pour la mise en place et la gestion de cette plateforme, seraient bel et bien versés… mais ne figureraient qu’au budget 2014.

«Nous sommes toujours en relation étroite avec Télé-Québec sur ce projet important, assure l’attaché de presse de Maka Kotto, Marc-André De Blois, en entrevue à Projet J. Ça fait partie des priorités du ministre, qui à très court terme, travaille fort pour tenter de trouver les ressources nécessaires à la mise en place, par phase, de ce grand chantier.»

Le chiffre de 10 millions de dollars à horizon 2014 ne semble donc plus faire  partie du paysage.

Difficile de savoir si du côté de Télé Québec, on continue quand même à plancher sur le dossier, la direction de la chaine ayant décliné notre demande d’entrevue.

Mais une chose est sure, si le dossier se débloque réellement, Dominique Payette sera aux premières loges pour le mener à  bien. Ce serait alors la première des 51 recommandations de son rapport qui se matérialiserait.

À voir aussi:

Rapport Payette: premières retombées à Télé-Québec