Jean-Jacques Stréliski, Le Devoir |

L’actualité est ainsi faite. Elle suit les saisons. On dirait même que, à l’instar de la population, elle prend ses vacances. De bien drôles de vacances. Car regarder la télé et lire les journaux en été vous fait découvrir un tout autre monde. Un monde bien plus proche de nous que du Moyen-Orient (qui se réserve, plus souvent qu’à son tour, la rubrique des horreurs). Les faits divers trônent en maître sur nos sensibilités et nos consciences. Et franchement, cet été, on est gâté.

l y a des morts partout. Partout autour de nous. Chacun sait que les faits divers nous touchent tous. Ils font partie des choses plausibles. Leur côté «ça pourrait m’arriver» donne à leur description un aspect d’accessibilité soudaine qui dérange et inquiète. Avec les faits divers, on se sent spontanément concerné par l’événement. Ce qui est loin d’être le cas des sujets politiques ou des questions de société traités d’ordinaire dans l’actualité tout au long de l’année.

Accidents de la route, bien entendu, mais aussi noyades, enlèvements, crimes et viols, règlements de comptes, décapitation, drames humains. L’horreur est à nos portes. Seule l’horreur fait la manchette. L’arrestation de Karadzic passe inaperçue, Obama fait des «steppettes», rien n’y fait. Ceux-là, on les retrouvera bien à la rentrée. L’important est de contempler ce qui se passe dans notre arrière-cour. Comme si, nous aussi, on voulait montrer à la planète que «le plus meilleur pays au monde» de Jean Chrétien, «le plus cool» est capable de se mesurer à des contrées lointaines traditionnellement championnes du monde du sordide et du sanguinolent.

Jean-Jacques Stréliski, Le Devoir |

L’actualité est ainsi faite. Elle suit les saisons. On dirait même que, à l’instar de la population, elle prend ses vacances. De bien drôles de vacances. Car regarder la télé et lire les journaux en été vous fait découvrir un tout autre monde. Un monde bien plus proche de nous que du Moyen-Orient (qui se réserve, plus souvent qu’à son tour, la rubrique des horreurs). Les faits divers trônent en maître sur nos sensibilités et nos consciences. Et franchement, cet été, on est gâté.

l y a des morts partout. Partout autour de nous. Chacun sait que les faits divers nous touchent tous. Ils font partie des choses plausibles. Leur côté «ça pourrait m’arriver» donne à leur description un aspect d’accessibilité soudaine qui dérange et inquiète. Avec les faits divers, on se sent spontanément concerné par l’événement. Ce qui est loin d’être le cas des sujets politiques ou des questions de société traités d’ordinaire dans l’actualité tout au long de l’année.

Accidents de la route, bien entendu, mais aussi noyades, enlèvements, crimes et viols, règlements de comptes, décapitation, drames humains. L’horreur est à nos portes. Seule l’horreur fait la manchette. L’arrestation de Karadzic passe inaperçue, Obama fait des «steppettes», rien n’y fait. Ceux-là, on les retrouvera bien à la rentrée. L’important est de contempler ce qui se passe dans notre arrière-cour. Comme si, nous aussi, on voulait montrer à la planète que «le plus meilleur pays au monde» de Jean Chrétien, «le plus cool» est capable de se mesurer à des contrées lointaines traditionnellement championnes du monde du sordide et du sanguinolent.

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