La Première
chaîne de Radio-Canada devra trouver une nouvelle voix pour
accompagner ses auditeurs de 9h à 11h00 en semaine. L’animatrice
Christiane Charette, qui tient la barre de cette case horaire depuis
cinq ans, a annoncé hier qu’elle mettait un terme à l’aventure.
Elle accrochera son micro à la fin de la saison actuelle, le 3 juin.

La Première Chaîne de Radio-Canada devra trouver une nouvelle voix pour
accompagner ses auditeurs de 9h à 11h00 en semaine. Christiane Charette, qui tient la barre de cette case horaire depuis
cinq ans, a annoncé hier qu’elle mettait un terme à l’aventure.
Elle accrochera son micro à la fin de la saison actuelle, le 3 juin.

Au
micro de
C’est bien
meilleur de matin
,
l’émission qui précède la sienne quotidiennement, l’animatrice a expliqué qu’animer une quotidienne est une
aventure
très accaparante qui l’a coupée de beaucoup de
choses pendant cinq ans. Elle souhaite aujourd’hui se consacrer à
«de nouveaux projets».

La madamisation

Il y
a quelques semaines, Christiane Charette a fait face à de vives critiques
de la part du chroniqueur médias du
Devoir,
Stéphane Baillargeon, qui l’a accusé de «madamiser» Radio-Canada,
c’est-à-dire d’«envisager tous les problèmes du monde à partir du
point de vue d’une certaine madame choyée, hors du foyer, la
bourgeoise friquée et culturobranchouillée».

«C’est
la madamisation qui se déploie sans gêne en avant-midi, à la
Première Chaîne, quand une forte odeur de

Paris Match
imbibe tous
les sujets traités, surtout les plus lourds. Rendus aux plus légers,
les propos empestent le prout-prout-ma-chère, une sorte de
mégaclique du Plateau en palabres dans un salon de Saint-Lambert»,
écrivait-il.

Cette
critique a été reprise quelques jours plus tard par une auditrice,
Dominique Charron. Dans une lettre publiée par
Le
Devoir
, elle souligne
que l’auditeur type de Radio-Canada est désormais «une personne
mièvre et superficielle qui ne regarde le monde qu’à travers son
maquillage, ses sensations et ses émotions. Oui, la fameuse
madame».
Au lieu de cela, elle appelle le réseau public à faire œuvre utile
en donnant un micro à «des gens brillants, plus éclairés et plus
articulés que la moyenne».

La
critique visait Christiane Charette, mais aussi Dominique Poirier qui anime
L’après-midi
porte conseil
, une
émission quotidienne en après-midi. Les chroniqueuses Annie-Soleil
Proteau et Nancie Ferron que l’on peut entendre à
C’est
bien meilleur de matin

étaient elles aussi mises en cause.

La discrétion de Radio-Canada

Si
l’animatrice Dominique Poirier a personnellement répondu à
Stéphane Baillargeon sur son blogue, Dominique Charron n’a reçu
aucune réponse. La jeune femme, qui reproche à la
radio de Radio-Canada de communiquer à sens unique alors même
qu’elle se targue d’une forte présence sur les réseaux sociaux,
explique que le service à l’auditoire du réseau public n’a jamais
répondu aux nombreux messages qu’elle lui a adressés.

La
chaîne s’est faite très discrète dans le dossier de la
madamisation. Elle n’est pas montée au créneau, ni pour défendre
sa programmation ou ses artisan(e)s, ni pour annoncer des
changements. Dans un communiqué émis hier, le directeur général
de la radio de Radio-Canada, Patrick Beauduin, s’est contenté
d’expliquer qu’il avait appris la décision de Christiane Charette
avec «surprise et regret».

Entré
en poste il y a quelques mois, Patrick Beauduin a reçu le mandat de
poursuivre la rénovation de la radio. Les jeunes talents
radio-canadiens et le rajeunissement de la programmation font partie
de ses priorités. Pour l’épauler, l’ancienne rédactrice en chef du
Téléjournal 22h
et réalisatrice de l’émission
Enjeux,
Anne Sérode, a récemment été nommée directrice de la Première Chaîne.

Voir aussi:

Le Buzz: la madamisation

Rencontre avec le nouveau patron de la radio de Radio-Canada

Radio-Canada: nouvelle patronne pour la Première Chaîne

[node:ad]