Les services français de Radio-Canada au Québec et à Moncton c'est près de 3000 employés syndiqués représentés par quatre syndicats distincts. La direction du réseau public souhaite voir cette structure de représentation syndicale simplifiée et a déposé cet après-midi une demande en ce sens au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). En clair, comme c'est déjà le cas au réseau anglais, le réseau français souhaiterait voir les syndicats fusionner en un seul.

Les services français de Radio-Canada au Québec et à Moncton c'est près de 3000 employés syndiqués représentés par quatre syndicats distincts. La direction du réseau public souhaite voir cette structure de représentation syndicale simplifiée et a déposé cet après-midi une demande en ce sens au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). En clair, comme c'est déjà le cas au réseau anglais, le réseau français souhaiterait voir les syndicats fusionner en un seul.

«Cette démarche vise à permettre au diffuseur public de bénéficier de la souplesse et de la polyvalence nécessaires pour faire face aux nombreux défis auxquels il est confronté», explique la direction dans un communiqué. «Dans l’environnement actuel de la radiotélédiffusion, Radio-Canada est d’avis qu’une structure moins complexe la rendrait plus concurrentielle et lui permettrait de mieux desservir ses auditoires.»

Photo: Jean Gagnon, président de l'Association des réalisateurs de Radio-Canada lors d'un rassemblement syndical en mai 2012 – Photo Anne Caroline Desplanques.

«Les métiers de journalistes évoluent, mais notre structure syndicale date de 1995. Elle ne reflète plus les méthodes et les outils de travail actuels. Les journalistes sont appelés à effectuer des tâches qui ne sont pas prévues par un seul syndicat, ce qui créé des conflits de juridiction syndicale, nuit aux relations de travail et engendre des coûts. Nous comptons actuellement 1500 griefs actifs et la majorité concerne des conflits de juridiction», explique le porte-parole du réseau, Marco Dubé – Radio-Canada a créé un microsite pour expliquer sa démarche.

En effet, les technologies permettent par exemple à un journaliste de faire son propre montage sans recourir à un technicien-monteur ou à un animateur de se mettre en onde lui-même, ce qui n'était pas le cas il y a 17 ans. L'arrivée d'Internet a également bouleversé les tâches journalistiques, puisqu'une même personne peut désormais être appelée, dans une même journée, à enregistrer des entrevues, à les monter pour la radio, pour la télé et pour le web, à écrire un texte et à le mettre en ligne. (voir notre série d'articles sur l'intégration à Radio-Canada)

Pour s'adapter à cette évolution, les syndicats ont consenti depuis quelques années à la création de projets et de contrats «interunité» – c'est-à-dire sous la juridiction de plusieurs unités syndicales. Selon le président du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC-CSN), Alex Levasseur, ce système fonctionne bien et donne assez de flexibilité à l'employeur. Il n'y a donc pas lieu, à ses yeux, de fusionner les syndicats.

Quant à l'accumulation de griefs, M.Levasseur estime que c'est l'important roulement de personnel au département des relations de travail qui est en cause et se traduit en amoncellement de paperasse. «C'est des portes tournantes dans ce département. J'ai à peine le temps d'apprendre le nom des gens qu'ils s'en vont. Tout passe par le service juridique, tout est judiciarisé ce qui mène constamment à des décisions arbitrales. Aucun expert en relation de travail ne veut travailler dans ce climat là.»

Le leader syndical estime par ailleurs que cette requête au CCRI tombe à un bien mauvais moment. La direction et les syndicats sont en effet encore en train d'absorber les compressions budgétaires et les compressions de personnel qu'elles engendrent. De plus, la direction est en pleine réorganisation de son département des relations de travail et la partie syndicale a lancé hier le processus de renouvellement de la convention collective, le contrat de travail actuel venant à échéance en septembre.

Pour lui, l'employeur cherche avant tout à obtenir plus de souplesse pour pouvoir «faire ce qu'il veut avec les employés, et ça inclut en réduire le nombre» ; ce dont Marco Dubé se défend. «Ce n'est pas une démarche antisyndicale qui vise à éliminer des emplois. C'est pour s'assurer d'avoir une structure qui reflète l'environnement de travail actuel et notre cadre budgétaire.» Il précise également que cette requête n'a pas de lien avec les récentes sorties syndicales qui dénonçaient notamment l'augmentation du nombre de cadres au réseau public.

Ce n'est pas la première fois que Radio-Canada fait une demande du genre au CCRI. Les précédentes se sont toutes soldées par un feu rouge. Le CCRI a une vingtaine de jours pour évaluer le bien-fondé de la requête déposée aujourd'hui. Ensuite, l'ensemble du processus peut prendre plusieurs années.

 

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