Conséquence du rachat en décembre des soixante-quatorze hebdos québécois de Sun  Media par TC Media, vingt titres vont cesser de paraitre à compter d’aujourd’hui. Coup humain: quatre-vingts licenciements.

Conséquence du rachat en décembre des soixante-quatorze hebdos québécois de Sun  Media par TC Media, vingt titres vont cesser de paraitre à compter d’aujourd’hui. Coup humain: quatre-vingts licenciements.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

L’épée de Damoclès étaient sur la tête de tous les employés des hebdomadaires de TC Media depuis ce jour du 5 décembre où après des années et des années de luttes acharnées entre Sun Media et TC en région, le deuxième avait annoncé avoir racheté tous les hebdos que le premier publiait au Québec.

L’étau s’était un peu plus resserré encore le 28 mai dernier lorsque le Bureau de la concurrence, approuvant la vente, a dans un même élan exigé que TC mette en vente trente quatre de ses cent cinquante quatre hebdos pour une période de soixante jours, y compris certains faisant l’objet de la transaction avec Québecor. Une condition qui avait pour but de préserver la concurrence dans certaines régions du Québec.

Et c’est donc aujourd’hui que le couperet tombe. Dans un communiqué publié ce matin, TC Media annonce la fermeture de vingt titres et le licenciement de quatre-vingts personnes.

Préservation de la diversité de l’information

Sur les trente-quatre hebdos mis en vente, quatorze ont donc trouvé preneur. Trois préserveront leur version papier: le Journal de Saint-Hubert et le Rive-Sud Express acquis par MÉDIAS de la  Rive-Sud et l'Écho du Nord acheté par Éditions Blainville Deux-Montagnes. Les onze autres, aujourd’hui aux mains de Néomédia, ne seront désormais accessibles qu’en ligne. Il s’agit d’Agri-Vallée, Chambly Express, le Journal de Joliette, le Point du Lac-Saint-Jean, le Réveil, l'Écho de la Rive-Nord, l'Écho de Laval, l'Écho de Trois-Rivières, Pub Extra Magazine, Sorel-Tracy Express et Vallée-du-Richelieu Express.

Si les salariés de ces quatorze titres peuvent pousser un ouf de soulagement, il n’en est rien du côté de ceux de vingt autres hebdos du groupe, qui en a annoncé ce matin la fermeture. Pour justifier ses choix, la direction affirme avoir attaché de l’importance à la préservation de la diversité de l’information.

Disparaissent donc des tablettes dès aujourd’hui, l'Abitibi Express – Val-d'Or l'Abitibi Express – Rouyn-Noranda, la Frontière, le Progrès Écho, le Rimouskois, le Saint-Laurent Portage, l'Impact de Drummondville, l'Écho de Victoriaville, Édition Beauce Nord, le Journal de Magog, la Voix de la Matanie – Matane, la Voix Gaspésienne, le Riverain – Sainte-Anne-des-Monts, l'Écho de Repentigny, e Point de vue Laurentides, l'Écho de la Lièvre, l'Écho de Shawinigan, Châteauguay Express, Roussillon Express, l'Écho de Saint-Jean-sur-Richelieu et Valleyfield Express.

La direction profite de ce communiqué pour remercier les quatre-vingts employés dont les postes ont été coupés pour leur dévouement envers l’organisme et leur assure qu’ils seront accompagnés dans leur transition de carrière.

Si cette annonce n’est une surprise pour personne, elle s’ajoute cependant à toutes les autres mauvaises nouvelles que l’industrie doit digérer depuis le début de l’année. Radio-Canada, 24 heures, la Presse Canadienne et aujourd’hui TC Media… l’hémorragie semble difficile à contenir ces derniers mois dans les salles de nouvelles au Québec.

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