La Fédération professionnelle des
journalistes du Québec (FPJQ) a reçu hier en assemblée générale
le mandat d’élaborer rapidement «une proposition de reconnaissance
légale d’un titre de journaliste professionnel». La proposition a
été adoptée sans aucune opposition alors qu’il y a huit ans les
membres de la fédération avaient massivement voté contre la
création d’un statut professionnel.

«Les débats ont été beaucoup plus
sereins qu’en 2002, beaucoup moins tranchés idéologiquement», a
souligné le président de la fédération, Brian Myles. Selon lui,
ses membres ont compris qu’il ne s’agissait pas d’imposer une
certification professionnelle, mais d’amorcer une réflexion commune.
La démarche est donc différente de celle de 2002 qui avait imposé
un vote sans réelle période de réflexion et de discussion.

La Fédération professionnelle des
journalistes du Québec (FPJQ) a reçu hier en assemblée générale
le mandat d’élaborer rapidement «une proposition de reconnaissance
légale d’un titre de journaliste professionnel». La proposition a
été adoptée sans aucune opposition alors qu’il y a huit ans les
membres de la fédération avaient massivement voté contre la
création d’un statut professionnel.

«Les débats ont été beaucoup plus
sereins qu’en 2002, beaucoup moins tranchés idéologiquement», a
souligné le président de la fédération, Brian Myles. Selon lui,
ses membres ont compris qu’il ne s’agissait pas d’imposer une
certification professionnelle, mais d’amorcer une réflexion commune.
La démarche est donc différente de celle de 2002 qui avait imposé
un vote sans réelle période de réflexion et de discussion.

Le refrain du congrès

Ainsi, si le congrès 2010 n’a pas
soumis la carte de presse au vote, il a été habité par le dossier
de la certification professionnelle. En plus de faire l’objet d’un
atelier, il a en effet animé de nombreuses discussions de corridor
et été évoqué par plusieurs intervenants.

Au cours d’un atelier très couru
portant sur Quebecor, le directeur général de l’Institut sur la
gouvernance d’organisations privées et publiques, Michel Nadeau, qui
était invité à titre d’ancien numéro deux de la Caisse de dépôt,
important actionnaire de Quebecor, s’est par exemple montré très
sceptique à l’égard d’un statut professionnel:

«Je pense qu’au lieu de se vautrer
dans une série de débats éthérés sur la carte de presse, la FPJQ
devrait regarder au-delà des médias traditionnels vers les
nouveaux, vers où s’en va l’industrie des médias. Les enjeux sont
là. Où sont les modèles financiers et les codes de comportement?»

La déontologie bouée de sauvetage

C’est justement pour imposer un code de
comportement, qui lierait autant les journalistes que leurs patrons,
que la carte de presse semble vouloir faire sa place au Québec,
entre autres. Les répondants au sondage mené par la FPJQ cet
automne se sont en effet majoritairement dits inquiets des dérives
de l’information et ont réclamé un code pour assurer une
information de qualité.

Dans la droite ligne des préoccupations
exprimées dans ce sondage, plusieurs participants au congrès ont
témoigné des écarts déontologiques qu’ils ont été contraints de
commettre ou dont ils ont été témoins, essentiellement chez
Quebecor.

David Patry, anciennement reporter culturel au Journal
de Montréal
, a par
exemple raconté avoir été obligé de signer un texte dicté par la direction
après que le vice-président des services français de Radio-Canada,
Sylvain Lafrance, ait reproché au patron de Quebecor, Pierre-Karl
Péladeau, de se comporter en «voyou».

Le gardien de l’éthique remis en
question

Mais pour le chroniqueur de La
Presse
, Yves Boisvert, qui était invité à s’exprimer lors de
l’atelier sur le statut professionnel, le respect de la
déontologie passe par le renforcement du Conseil de presse du Québec
(CPQ). Seul organisme chargé de faire respecter l’éthique
journalistique au Québec, il est fortement remis en question depuis
que Quebecor s’en est retiré en le menaçant de poursuite s’il
traitait des plaintes concernant son traitement de l’information.

Malgré les enjeux, l’atelier qui a été
consacré au CPQ a été bien peu populaire et monopolisé par des
préoccupations sur «l’insignifiance des plaintes du public» (dixit
la rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau). Le
président du conseil, John Gomery, a pourtant annoncé avoir obtenu
une subvention du gouvernement fédéral pour travailler à la mise à
jour et à l’uniformisation des codes de déontologie existants.

Voir aussi: Certification professionnelle – oui ou non?

[node:ad]