La Presse+ souffle demain sa première bougie et se déploie pour l’occasion en version Android. 450 000 possesseurs d’iPad ont déjà installé l’application gratuite sur leur tablette et Gesca souhaite maintenant atteindre les milliers d’utilisateurs n’évoluant pas dans un environnement Apple. Le but, alors que le modèle d’affaires repose exclusivement sur la publicité, attirer encore plus d’annonceurs, qui à en croire Pierre Delagrave, partenaire fondateur de Cossette et président du conseil de Vision7 Média, se sont déjà laissés séduire par l’expérience.

La Presse+ souffle demain sa première bougie et se déploie pour l’occasion en version Android. 450 000 possesseurs d’iPad ont déjà installé l’application gratuite sur leur tablette et Gesca souhaite maintenant atteindre les milliers d’utilisateurs n’évoluant pas dans un environnement Apple. Le but, alors que le modèle d’affaires repose exclusivement sur la publicité, attirer encore plus d’annonceurs, qui à en croire Pierre Delagrave, partenaire fondateur de Cossette et président du conseil de Vision7 Média, se sont déjà laissés séduire par l’expérience.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Avec 450 000 installations en un an, La Presse+ est l’application gratuite la plus téléchargée des catégories Kiosque et Actualités dans l’Apple Store canadien.  Mais au-delà de ce chiffre global, La Presse+, c’est aussi 120 000 éditions chargées en moyenne chaque jour de la semaine et 140 000 les fins de semaine. Si l’on ajoute les visiteurs de lapresse.ca et ceux qui utilisent la presse mobile, les plateformes numériques de La Presse rejoignent chaque jour environ 800 000 personnes. Et ce, avant même que la version Android ne fasse son apparition, celle-ci arrivant sur le marché mercredi prochain.

«Ajoutons à cela que la marque La Presse est forte au Québec, affirme Pierre Delagrave, que les annonceurs cherchent à paraitre dans des médias qui offrent une certaine crédibilité, et ça explique que l’on sente un véritable engouement pour La Presse+ chez nos clients. D’autant que c’est la première fois de toute ma longue carrière, que je vois un journal qui vérifie l’efficacité de chacune des annonces. C’est unique! Généralement, les journaux ne sont pas très chauds à fournir des informations sur la lecture des annonces. Là, j’ai les chiffres pour toutes les campagnes que nous avons placées, et elles sont comparées à toutes les autres du même type. On sait notamment par combien de personnes elle a été vue, mais surtout combien il y a eu d’interactions.»

Parce que les annonces sur La Presse+ ne sont pas les mêmes que partout ailleurs. Gesca a suggéré aux publicitaires vingt façons d’interagir avec l’annonce. Ainsi, les agences n’ont pas eu à réinventer la roue, mais ont plutôt reçu un  kit leur permettant de créer des concepts attrayants.

«Les annonceurs sont très intéressés par cette nouvelle façon de faire de la publicité, estime-t-il. Les quotidiens n’ont pas changé depuis des années et les marques continuent à annoncer dedans par habitude, toujours de la même manière. Avec La Presse+, il y a une forme d’interactivité très recherchée. Si je prends l’exemple de la publicité automobile, dans le journal papier, c’est très facile pour un lecteur de passer dessus sans regarder. Avec la tablette, ça devient ludique, comme un jeu. On peut demander lui d’effacer quelque chose comme s’il grattait son écran, on peut lui proposer plusieurs modèles et comparer, renvoyer vers le site web d’un simple clic. Même la télévision ne fait pas ça aujourd’hui!»

L’audace récompensée

Le temps passé sur l’application est un autre argument de nature à convaincre les placeurs. En moyenne, un lecteur passe 20 à 25 minutes à lire un quotidien papier en semaine, mais reste moins de deux minutes sur le site web de ces mêmes journaux, raison pour laquelle, entre autres, les annonceurs n’investissent aujourd’hui pas plus sur ces produits. Or le temps consacré à La Presse+ en semaine est de 44 minutes par jour, 50 minutes le dimanche et même 73 minutes le samedi. Des chiffres en augmentation par rapport à ceux annoncés il y a six mois.

«Les sujets sont traités en profondeur et de manière très vivante grâce notamment à la vidéo, ce qui pousse les gens à rester plus longtemps j’imagine, avance M. Delagrave. Ça offre plus d’opportunités d’annoncer. Notons également que les marques voient dans La Presse+, un média audacieux, qui a fait le pari d’investir énormément pour modifier complètement son modèle d’affaires et à terme, en finir avec le papier. Les autres journaux sont plutôt pour l’instant dans l’acceptation que leurs revenus publicitaires baissent et tentent de continuer à offrir leur produit en coupant partout. L’attitude de La Presse+ semble plus digne,  révèle aussi une plus grande confiance, propre à attirer les annonceurs.»

Un média audacieux, un média qui se repositionne également comme un générateur de contenu multimédia, ce qui lui permet de jouer sur les platebandes de la télévision avec la production chaque jour d’une quinzaine de vidéos, mais aussi des magazines, la qualité de l’écran des tablettes permettant par exemple de mettre particulièrement en valeur les photos.

Un monde de choix

Toutes ces éloges faites, Pierre Delagrave en vient à nuancer ses propos.

«D’abord, nous vivons dans un monde de choix et c’est pourquoi toutes les marques se diversifient, argue-t-il. Prenez l’exemple du Tide. On a du Tide en poudre, du Tide liquide, du Tide en petits sachets, etc. Le grand défi de La Presse, c’est avec un même contenu, une chronique par exemple, d’aller sur les différentes plateformes tout en respectant les spécificités et les objectifs de chacune d’elles. Les annonceurs ont besoin de  ces différents supports pour tenter de rejoindre la plus large cible possible. Si le papier disparait, comme ça a l’air de vouloir être l’objectif, les marques vont se couper d’une partie de leur public. Idéalement, il faudrait une assez longue transition.»

À ce sujet, le fait que La Presse+ débarque la semaine prochaine sur Android est de nature à réjouir les annonceurs.

«Parce que oui, l’accès à la publicité est gratuite sur La Presse+, sauf que jusque-là, il fallait sortir 600 à 800$ pour acheter le support. Les tablettes Android coûte plutôt entre 200 et 500$, ce qui va permettre de toucher une nouvelle tranche de la population.»

Tarifs comparables au papier

Autre défi qui attend La Presse+, parvenir dans un avenir proche à rallier d’autres médias à son modèle, malgré tout l’investissement nécessaire. Car il y a un coût à produire une annonce pour La Presse+ et pour l’instant, nul autre support ne peut la diffuser.

«Actuellement, la proposition de Gesca est très attrayante puisque lorsqu’on annonce dans le papier et que l’on garde le même volume de dollars publicitaires, le placement dans La Presse+  est gratuit, révèle Pierre Delagrave. C’est un bon deal, qui justifie l’investissement additionnel. Mais ça ne restera pas éternellement ainsi. Or, pour les marques qui n’utilisent que le support tablette, les tarifs sont assez comparables à ceux qui sont pratiqués dans le papier. C’est complètement nouveau parce qu’actuellement les tarifs pour le journal en ligne sont plutôt autour de 10% de ce qui se pratique dans les journaux papier. Pour justifier de payer autant, il faudrait vraiment que d’autres emboitent le pas.»

Des tarifs qui ne semblent pas avoir arrêté les annonceurs pour autant, puisque Gesca annonce ce matin que les revenus publicitaires en provenance de La Presse+ représentent déjà 30% de l’ensemble des revenus publicitaires de La Presse.

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